Préambule
En
adoptant le présent Programme
Fondamental du Parti en tant
qu’un
ensemble de plans d’action et
de lignes directrices vers un
Projet
de société spécifiquement
sénégalais, le P.D.S.
par la voie de son Premier
Congrés,
entend marquer du sceau d’une
volonté de changement, le
cours
de l’histoire de notre pays.
Sorti
récemment de la longue nuit
coloniale
dans laquelle il avait précédé
les autres peuples d’Afrique,
le peuple sénégalais a
choisi d’assurer pleinement
son
indépendance et d’exprimer
à ses frères d’Afrique
et du monde le message que
traduit sa
destinée.
Comme
l’histoire de tous les
peuples,
la notre est le résultat de
l’interaction
continue entre les données
géophysiques
et l’homme, mais elle est
surtout
marquée par notre appartenance
a la civilisation
negro-africaine et
l’Esprit de liberté de
l’homme sénégalais
qui seuls, expliquent
l’originalité
de notre développement.
Conscient
des possibilités illimitées
de l’union des peuples anime
du
même idéal, et plus
particulièrement
de l’unité de destin des
peuples d’Afrique, le peuple
sénégalais
déclare son adhésion au
modèle de démocratie libérale.
Ce faisant, il a conscience
des difficultés
qui prennent leur origine dans
un contexte
international domine par la
volonté
de puissance des grands pays
et le réseau
complexe des solutions
internationales,
économiques et financières,
tissées depuis des siècles
par les monopoles et les
sociétés
multinationales. Il réaffirme
son refus du schéma
neo-colonial
qui tend a réduire les peuples
du tiers-monde a des peuples
voues a
dépendre éternellement
de l’aide et de l’assistance
internationale.
Le
choix pour l’action politique
est justifie par le décalage
qui existe entre la société
telle qu’elle est réellement
et la société telle qu’elle
est conçue par les partis.
Pour
cette raison un Projet de
société,
même s’il est formulé
dans ses grandes lignes, ne
peut pas
être statique puisqu’il
doit être alimenté en
permanence
par l’expérience et la
théorie.
Les
doctrines européennes relèvent
de deux courants.
Le
premier est issu de la pensée
chrétienne et sa notion de
liberté
due a saint thomas d’acquin.
Pour
cette philosophie dite
"thomiste",
la liberté de l’individu
est une donnée absolue
préexistant
au groupe social: elle est
"avant".
Le
second courant relevé du
marxisme-léninisme
et de la philosophie du
matérialisme
historique qui lui sert de
fondement.
Dans cette conception la
liberté
n’existe pas a priori. Elle se
construit par la dictature du
prolétariat
a travers la révolution. C’est
pour cela que le
marxisme-léninisme
rejette la liberté a la fin
dans
la phase du communisme : elle
est "après".
Par
contre, l’originalité de
la pensee negro-africaine est
de considérer
la liberté comme attribut du
couple individu groupe, ceci
dans une
vision statique, la dynamique
de ce
couple étant assurée par
le travail qui transforme le
milieu.
En
effet la pensée nègre
ne conçoit pas l’individu
en dehors du groupe. Elle
saisit d’emblée
le couple individu-groupe
comme une
structure. C’est le principe
de
solidarité organique. Il
s’ensuit
que la liberté de l’individu
et la liberté du groupe sont
une seule et même chose
contrairement
a l’occident ou elles sont
dissociées
et peuvent être antagoniques.
Elles l’a d’ailleurs toujours
été tout au long de l’histoire
de l’europe.
Mais
un décalage existe toujours
entre
le groupe ou son stade suprême
la société telle qu’elle
est et la société en tant
qu’aspiration ou projet. En ce
sens les progrès que réalise
le peuple sénégalais en
direction de la plénitude des
valeurs fondamentales sont
dépendants
du milieu et de l’époque
et sont fonction du travail et
de l’activité
créatrice consciente de
l’homme
qui poussent la société
actuelle vers la
societe-projet.
Mais
toute production, bien ou
service, donc
tout progrès est le résultat
de la combinaison de deux
facteurs de
production: Le capital dans sa
forme
d’outil, machine ou
équipement,
et le travail dans sa forme de
main-d’œuvre
ou d’organisation. Selon le
produit,
les deux facteurs se combinent
dans
telle ou telle proportion. La
croissance
économique de l’Europe
a été fonde sur le choix
privilégie du capital. C’est
le libéralisme capitaliste
avec
ses immenses qualités mais
aussi
ses formes perverses comme le
colonialisme
et l’impérialisme contre
lesquels les peuples d’Afrique
et du tiers-monde ont lutte et
continue
de lutter.
Conscient
des vertus de l’économie
libérale comme de ses
déviations,
le p.d.s. Choisit le
liberalisme-travailliste
en tant qu’il privilégie
le facteur travail dans la
production.
Aussi le travailleur, qu’il
soit
paysan, ouvrier, artisan,
intellectuel
ou fournisseur de service est
pour nous
au centre de la croissance et
du développement.
Le
travail étant notre facteur le
plus abondant, contrairement
au capital,
sera dans notre option,
l’élément
essentiel et privilégie de la
transformation de notre milieu
et de
notre environnement qui
conditionnera
notre devenir.
Le
travail libère l’homme
et la mystique du travail est
notre
motivation profonde:
Travailles pour te libérer
Et
ta dignité tu garderas
Travailles
pour te réaliser
Et
ton pays tu sauveras.
En
proclamant son option de se
libérer
par le travail, le peuple
sénégalais
se déclare i’allie de tous
les peuples du monde qui
luttent pour
la libération nationale la
libération
de l’homme. Afin de faciliter
l’alliance avec tous les
Sénégalais
conscients de la nécessite de
se mettre à la disposition de
la nation, le P.D.S. des sa
créations
et en attendant l’élaboration
démocratique de son programme,
avait propose une plate-forme
d’action
en cinq principes :
restauration
de la démocratie;
mise
en oeuvre des ressources
nationales
au profit de la Nation et des
nationaux;
indépendance
politique effective;
priorité
d’unité politique et
démocratique
de l’Afrique sur les relations
verticales avec les pays
développés;
Solidarité
effective avec les mouvements
de libération
nationale.
Lorsque
l’on pense qu’a de rares
exceptions près, les
programmes
de parti se réduisent
généralement
a l’énonciation de quelques
principes généraux et
que, par contre, celui du
p.d.s. a été
élabore démocratiquement
par une commission nationale
et discute
tout aussi démocratiquement
par
les militants dans les
régions,
on ne peut pas ne pas
reconnaître
que la conception de la
démocratie,
au-delà du simple mot, nous
sépare
déjà de beaucoup de formations
politiques.
C’est
donc après dix huit mois de
travail
et d’échange entre la base
et sommet que le Parti
Démocratique
Sénégalais, se fondant
sur une évaluation réaliste
de toutes les ressources
matérielles,
intellectuelles et morales du
pays et
sur les aspirations profondes
des masses,
a conçu pour le peuple
sénégalais,
un projet de société ou
seraient respectées les
libertés
fondamentales de la personne
humaine.
Cette société en projet,
libre et démocratique, sera
portée,
chaque jour, grâce au travail
des Sénégalais, a un niveau
plus élevé de développement.
Les
objectifs de l’action
politique
permettant de réaliser le
projet
de société du P.D.S ainsi
que les moyens de les
atteindre seront
indiques pour constituer le
programme
du Parti.
Peut-être
n’est-il pas superflu, pour
terminer,
de rappeler que le présent
document,
conformément au titre qui lui
est donne, est le Programme
Fondamental
du Parti, destine a servir de
guide
a l’élaboration des programmes
opérationnels de gouvernement,
programmes a court et moyen
terme qui
prévoient, bien entendu, a
cote
des objectifs, les moyens de
les réaliser.
CHAPITRE
1 : LE
PROJET DE SOCIETE DU PEUPLE
SENEGALAIS
Pour
réaliser le projet de société
qu’il a conçu pour le peuple
sénégalais, le Parti,
réunissant le plus de
Sénégalais
possible sous le signe de sa
devise
‘’DIGNITE-JUSTICE-FRATERNITE’’,
s’engage a construire une
société
libre et démocratique par la
poursuite dans chaque domaine,
d’objectifs
précis et la définition
de moyens de leur réalisation.
1-UNE
SOCIETE JUSTE
le
Parti se propose d’abord de
supprimer
toutes les formes d’inégalités
dressées entre Sénégalais
ou groupes de Sénégalais
par la colonisation et la
politique
de développement suivie depuis
l’indépendance. Dans cette
perspective, il proclame la
responsabilité
sociale de l’Etat.
1)
La suppression des inégalités
Les
inégalités régionales
seront élimines très
rapidement
grâce à la mise en place
d’un réseau national de
voies de communication
efficace autant
sur le plan quantitatif que
sur le plan
qualitatif, grâce aussi a la
répartition
équitable des investissements
et des dépenses sociales dans
l’espace économique national.
Une
telle politique de rééquilibre
de l’espace économique
national déséquilibre
par le colonisateur et la
politique
économique postérieure
a l’indépendance, sera
faite en même temps qu’une
orientation du peuplement vers
l’intérieur
du pays : Politique de
fixation de la
population et d’attirance des
cadres vers l’intérieur
du pays. Dans cette
perspective, les
cites intérieures seront
l’objet
d’un souci particulier des
pouvoirs
publics de façon ? ce qu’elles
puissent disposer de tout ce
qu’attire
présentement vers les villes.
Le souci parallèle et
concomitant
de la nation sera de fournir
en permanence
a la population une nourriture
suffisante
sans aucune entrave et a des
conditions
accessibles aux bourses les
plus faibles.
Non seulement les prix des
denrées
de première nécessite
seront abaisses, mais la
politique agricole
aura comme objectif
prioritaire l’indépendance
alimentaire de la Nation.
Les
inégalités d’opportunité
seront éliminées entre
groupes et entre individus en
donnant
à tous les enfants sénégalais
les mêmes chances de réussite
et d’exercice des
responsabilités
de toute nature.
Le
parti combattra les classes
sociales,
source d’inégalités
d’opportunité et source
de conflits, afin que la
richesse des
parents, leur position sociale
ou leur
influence politique ne soient
plus les
principaux facteurs qui
conditionnent
l’avenir de l’enfant. En
particulier, les bourses
universitaires
devront être rattachées
aux études pour ne plus être
des privilèges.
Les
inégalités de revenus
et de traitement seront aussi
éliminées
de façon à ne considérer
que la valeur sociale du
travail fourni
et a ne préserver que la
fourchette
nécessaire a la stimulation de
l’effort individuel, seule
façon
de ne pas éliminer les
motivations
individuelles et bloquer la
dynamique
du système.
Les
inégalités fondées
sur le sexe seront aussi
éliminées
de façon à ne considérer
que le travail, le mérite et
l’intérêt supérieur
de la Nation.
Aucune
restriction ne sera apportée
à l’accès des femmes
a toutes les fonctions, même
gouvernementales.
Les
inégalités dans l’accès
au droit a l’assistance
médicale
La gratuite des soins est
reconnue pour
tous.
Toutes les inégalités
dues a la localisation seront
supprimées
de façon à ce que le malade
de la brousse ne soit pas plus
expose
que celui de la ville et que
la survie
ne dépendent plus de la
fortune.
Le
corps du personnel de la santé
sera renforce parla formation
de médecins
adaptes aux besoins du
Sénégal,
d’assistants médicaux
capables.
Le souci parallèle et
concomitant
de la Nation sera de fournir
en permanence
a-la population une nourriture
suffisante
sans aucune entrave et a des
conditions
accessibles aux bourses les
plus faibles.
Non seulement les prix des
denrées
de première nécessite
seront abaisses, mais la
politique agricole
aura comme objectif
prioritaire l'indépendance
alimentaire de la Nation.
Les
inégalités d'opportunité
seront éliminées entre
groupes et entre individus en
donnant
à tous les enfants sénégalais
les mêmes chances de réussite
et d'exercice des
responsabilités
de toute nature.
Le
parti combattra les classes
sociales,
source d'inégalités
d'opportunités,
afin que la richesse des
parents, leur
position sociale ou leur
influence politique
ne soient plus les principaux
facteurs
qui conditionnent l'avenir de
l'enfant.
En particulier, les bourses
universitaires
devront être rattachées
aux études pour ne plus être
des privilèges.
Les
inégalités de revenus
et de traitement seront aussi
éliminées
de façon à ne considérer
que la valeur sociale du
travail fourni
et a ne préserver que la
fourchette
nécessaire a la stimulation de
l'effort individuel, seule
façon
de ne pas éliminer les
motivations
individuelles et bloquer la
dynamique
du système.
Les
inégalités fondées
sur le sexe seront aussi
éliminées
de façon a ne considérer
que le travail, le mérite et
l'intérêt supérieur
de la Nation.
Aucune
restriction ne sera apportée
à l'accès des femmes a
toutes les fonctions, même
gouvernementales.
Les
inégalités dans l'accès
au droit a l'assistance
médicale
La gratuite des soins est
reconnue pour
tous.
Toutes les inégalités
dues a la localisation seront
supprimées
de façon à ce que le malade
de la brousse ne soit pas plus
expose
que celui de la ville et que
la survie
ne dépende plus de la fortune.
Le
corps du personnel de la santé
sera renforce par la formation
de médecins
adaptes aux besoins du
Sénégal,
d'assistants médicaux capables
d'apporter partout, avec
diligence,
les premiers soins et faire
prendre
les mesures préventives.
Le
corps médical ira plus vers le
malade que celui-ci n'ira vers
le médecin.
Cette conception de la mission
du service
de la santé est
révolutionnaire
en Afrique.
La
formation supérieure des
médecins
sera préservée et l'accès
au secteur prive libre sous
réserve
d'une réglementation des lieux
d'implantation et des
obligations sociales
des médecins prives.
La
médecine préventive et
l'éducation sanitaire seront
entreprises à grande échelle
en vue d'aboutir à une
véritable
politique de santé publique.
Les
inégalités dans les conditions
de vie :
Urbanisme
Une politique démocratique et
socialiste de l'urbanisme sera
définie,
inspirée de notre culture
nationale.
Cette
politique affectera :
le type de l'habitat, formes,
matériaux
et conceptions,
les ensembles sociaux et les
équipements
collectifs, la structuration
des cites
urbaines et des villages, de
façon
qu'elle tienne compte de nos
modes de
vie et de nos exigences
culturelles.
Une
fois les formes arrêtées,
l'Etat décidera des moyens
d'exécution
(coercition, incitation, etc..
Les
grandes villes comme Dakar
feront l'objet
d'une étude approfondie afin
de déterminer les orientations
a long terme et de rompre avec
la petite
politique de tâtonnements et
d'aménagements
marginaux.
Le
gouvernement adoptera une
politique
révolutionnaire d'accès
a l'habitat pour les bourses
les plus
faibles et cet accès sera
ouvert
à tous, y compris les paysans.
De
vastes travaux d'édilité
seront entrepris partout et
réalises
par des moyens économiques.
Mendiants
Le
P.D.S. luttera, au niveau des
mentalités,
contre la mendicité de façon
à aboutir à son éradication
totale.
Handicapes
Les
handicapes physiques feront
l'objet
d'une attention spéciale, de
façon a leur trouver des
activités
par rapport avec leurs
conditions et
a les reclasser au sein de la
société.
2/
La suppression des formes
d'aliénation
Les
progrès de la société
sénégalaise sont entraves
par de nombreuses aliénations
dont les unes remontent très
loin dans l'histoire du pays
et les
autres se rattachent à des
formes
plus modernes.
L'instruction
et l'éducation rapides de la
population, appuyées à
la fois sur l'Etat et les
partis, auront
pour tache essentielle
d'expliquer au
Sénégalais moyen la situation
de l'homme face à la nature,
face à ses semblables et face
à son destin. Toutefois, cette
instruction et cette éducation
se feront sans traumatiser les
populations
par une brusque privation des
valeurs
culturelles qui assuraient
l'équilibre
social.
Parallèlement,
le Parti entreprendra une
vaste campagne
de désaliénation des cadres
plus évolues, par la
persuasion
essentiellement, en
s'attaquant à
tous les mythes modernes,
qu'ils soient
matériels ou idéologiques,
afin que les esprits soient
davantage
orientes vers les valeurs de
référence
tirées de la civilisation et
de la culture negro-africaine.
3/
Plan d'action sociale
L'action
sociale fondée sur les
spécificités
sociologiques de notre pays
s'appuiera
également sur l'Etat et les
populations.
La
famille
Le
sens authentique de la famille
sera
cultive de façon ? ce que la
famille joue son rôle de
cellule
primaire de la construction
nationale.
Le
père sera davantage tenu
d'assurer
la surveillance et l'éducation
des enfants qui ne devront pas
être
prives de l'affection a
laquelle ils
ont droit et être livres à
la rue pour devenir une charge
pour
la société.
L'éducation
se fera un devoir de faire en
sorte
que la famille, au sens très
large, ne soit plus un frein
et un poids
opposés à l'effort individuel.
En
ce sens l'Etat, au début et en
attendant de pouvoir garantir
le droit
au travail a chacun, garantit
le droit
au travail a chaque famille.
La
femme
L'égalité
de l'homme et de la femme est
solennellement
proclamée mais dans le respect
des particularités tenant à
la psychologie et a la
biologie des
deux sexes.
Aucun
obstacle a caractère
discriminatoire
ne sera dresse devant la femme
qui manifeste
des ambitions légitimes
d'exercer
un métier ou d'assumer une
charge.
En
tant que travailleuse, mère de
famille et épouse, la femme
sera
assistée par tous les moyens.
Des crèches seront instituées
partout et fonctionneront sous
la surveillance
des femmes âgées qui auront
ainsi l'occasion de participer
à
l'éducation des enfants a qui
elles transmettront la sagesse
et communiqueront
la tradition grâce aux contes
et récits.
Dans
chaque quartier, une ou
plusieurs femmes
seront formées et pourvues du
matériel minimum nécessaire
pour donner des conseils aux
mères
de famille, pour les assister
ou les
orienter en cas d'urgence.
Les
fraternités d'age
Dans
toute l'organisation
politique, économique
et sociale, la réalité
des fraternités d'age sera
prise
en considération au sein des
trois grandes catégories que
sont les jeunes, les adultes,
les anciens.
II
– UNE SOCIETE DEMOCRATIQUE
1/
Les principes démocratiques de
base
La
société que le P.D.S.
veut fonder est une société
démocratique, la démocratie
étant le seul système
qui permet de préserver la
liberté
de l'individu et son
épanouissement
tout en assurant en même temps
le progrès du groupe.
Notre
option démocratique se
traduira
autant dans les institutions
économiques
et sociales que dans les
institutions
politiques.
Le
principe de la majorité avec
représentation et droit
d'expression
de la minorité sera introduit
partout.
Le scrutin de liste
proportionnel remplacera
le système actuel de façon
a assurer partout une
direction plus
démocratique.
Sur
le plan politique, le principe
de base
de notre démocratie sera
l'option
pour le multipartisme et la
distinction
très nette entre les partis et
l'Etat.
Le
multipartisme permettra
d'assurer la
liberté d'expression de tous
les groupes politiquement
significatifs
et le droit de chacun de ces
groupes
a prétendre a la direction des
affaires publiques.
Toutefois,
pour des nécessites de
cohésion
nationale, le Parti
s'efforcera de dissuader
les Sénégalais de toute
velléité de perversion
du multipartisme qui pourrait
déboucher
sur l'anarchie.
2/
Les partis politiques et les
syndicats
Les partis politiques
Chaque
famille d'opinion
politiquement significative
pourra s'exprimer sous la
forme d'un
parti politique.
Les
partis exerceront leurs
activités
dans le cadre de la loi et du
règlement,
en toute indépendance a
l'égard
de l'étranger.
Le
gouvernement élaborera et
proposera
à l'Assemblée un projet
de loi sur l'assistance aux
partis politiques
et leurs organes par l'Etat,
comme cela
se fait dans de nombreuses
démocraties
modernes.
En
effet, le parti au pouvoir
bénéficiant
nécessairement d'avantages
matériels
et financiers de l'Etat, il
serait injuste
de priver totalement
l'opposition du
bénéfice de ces avantages.
Les
partis pourront accéder
équitablement
aux moyens d'information de
l'Etat,
radio, télévision, journaux.
A cet effet, le P.D.S.
proposera une
Commission Paritaire de
Surveillance
présidée par un représentant
du gouvernement.
L'opposition
aura un statut légal lui
garantissant
le libre exercice de ses
droits et sera
admise aux activités
républicaines
de l'Etat.
Les
partis auront les mêmes droits
et seront également
représentes
dans toutes les institutions
ou leur
présence est requise,
notamment
dans les Conseils Supérieurs
et au Conseil Economique et
Social.
Les
syndicats
La
liberté syndicale et le droit
de grève seront garantis et
protéges
dans le cadre du pluralisme
syndical.
Les
syndicats sont reconnus comme
étant
utiles tant pour le
développement
que pour l'équilibre social.
Le
syndicalisme sera moins un
instrument
systématique de revendication
qu'un instrument de
construction nationale
et de mobilisation des
travailleurs
dans le sens du développement.
3/
Les institutions
Les
institutions demeureront
républicaines.
Le régime sera présidentiel
mais revu de façon a
déconcentrer
les pouvoirs.
Le
Président de la République,
Président de tous les
Senegalais,
sera un arbitre au-dessus des
partis.
La
fonction législative sera
toujours
assurée par l'Assemblée
Nationale, mais celle-ci aura
en outre
une fonction de contrôle.
Le
nombre des députés sera
réduit, leur traitement
supprime
et remplace par des indemnités
de session. Le député
ne pourra plus, au lendemain
de son
élection, changer ses
conditions
de vie au point de devenir un
étranger
pour ses électeurs ou un
seigneur
auprès de qui ils viennent
solliciter
des faveurs.
Les
députés ne se contenteront
plus de voter des lois
proposées
par le gouvernement mais
participeront
plus activement a l'initiative
des lois.
Ils seront obliges de rendre
compte
périodiquement a leurs
électeurs.
Pour faciliter leur travail,
des services
d'information économique
efficaces
seront mis à leur disposition.
Le
gouvernement, conçu sur des
bases
nouvelles, sera, dans des
conditions
restrictives, responsables
devant l'Assemblée.
L'indépendance
des magistrats sera renforcée
et toutes mesures utiles en ce
sens
seront prises.
Les
citoyens n'ayant pas de
recours contre
les lois
anticonstitutionnelles, un
correctif sera apporte en
permettant
?
l'opposition
de siéger a l'Assemblée
Consultative de la Cour
Suprême
et a disposer du droit de
recours pour
inconstitutionnalité.
La
Cour de Surete de l'Etat sera
supprimée
et certaine dispositions du
Code Pénal
concernant les délits
politiques
seront supprimées à leur
tour ou profondément
modifiees.
Le
Conseil Supérieur de la
Magistrature
sera révise pour démocratiser
davantage sa composition.
Une
nouvelle institution sera
créée
: le Sénat (Conseil des
Anciens),
qui aura un rôle
essentiellement
consultatif.
Le
Conseil Economique et Social
sera profondément
modifie ou supprime et son
rôle
peut être dévolu a l'Assemblée
nationale.
La
représentation diplomatique a
l'étranger sera allégée
dans le cadre de la réduction
des dépenses de prestige.
Les
libertés publiques
En
même temps qu'ils ont des
droits,
les citoyens ont des devoirs
et le devoir
national a un caractère
impérieux.
Les
libertés individuelles et
collectives
seront garanties : liberté de
penser, liberté de culte,
liberté
d'expression, liberté de
réunion,
liberté d'association, liberté
de déplacement, etc.
La
terre sénégalaise sera
la terre de tous les Africains
et la
sécurité totale sera garantie
a tous les étrangers vivant au
Sénégal.
Le
P.D.S. encouragera
l'élaboration
et l'adoption d'une Convention
Africaine
des Droits de l'Homme ainsi
que la création
d'une juridiction africaine
protégeant
les droits inaliénables des
ressortissants
des pays membres.
Le droit d'asile est réaffirme
pour tout homme persécute en
raison de son attachement a la
liberté.
4/
Le système électoral
Toutes
mesures seront prises pour que
le suffrage
universel soit une réalité
au Sénégal. établissement
de listes électorales
correctes
et complètes .
application plus stricte des
mesures
existantes et dont l'objet est
d'assurer
la liberté de vote,
perfectionnement
du system de dépouillement
présence
de l'opposition dans les
instances de
recensement.
Le
droit de vote sera reconnu aux
militaires.
D'un
l’autre cote, il est
indispensable
de prendre en considération la
réalité des jeunes dans
la politique nationale.
Pour
cette raison, le P.D.S. se
prononcera
pour l'abaissement de la
majorité
électorale a 18 ans et un
système
plus democratique d'élection
des députés a l'Assemblée
Nationale.
La
division de la société
en partis politiques devrait
s'atténuer
par la présence des partis
dans
l'exercice des responsabilités
collectives : législation,
fonction
municipale et autres.
La liste nationale unique sera
supprimée,
de même que le scrutin de
liste
majoritaire qui attribue tous
les postes
a un seul parti a l'exclusion
des autres.
Le
scrutin sera un scrutin
uninominal ou
un scrutin de liste
proportionnel a
l'échelle départementale
ou régionale.
CHAPITRE
II : L'ORGANISATION
ECONOMIQUE ET LA GESTION
LIBERALE
Le
développement a pour but final
le plein épanouissement du
groupe
et de l'individu par
l'éducation
et l'amélioration continue du
niveau de vie de chacun. Notre
option
liberalo-travailliste a des
implications
économiques spécifiques
et doit reposer sur une
orientation
originale des ressources
humaines;
I
– LES IMPLICATIONS ECONOMIQUES
DE NOTRE OPTION
LIBERALO-TRAVAILLISTE
1/
La finalité du développement
Elle
se traduira autant dans le
domaine de
la production que dans celui
de la répartition
ou la consommation.
Les
coopératives actuelles n'ont
de coopérative que le nom
puisque
la coopération au Sénégal
ne se traduit ni dans la
production
ni dans la consommation qui
demeurent
individuelles. En fait, les
coopératives
sont de simples mutuelles de
garantie
dans lesquelles les paysans
sérieux
paient pour ceux qui, pour une
raison
ou une autre, ne remboursent
pas les
avances de l'Etat.
Les coopératives actuelles
seront
donc supprimées et remplacées
par des formes de production
commune
et de distribution collective
garantissant
à chaque producteur un minimum
de revenu mensuel et
l'approvisionnement
a bas prix et denrées
alimentaires,
produits domestiques et
instruments
de production.
L'ONCAD
sera purement et simplement
supprime
pour être remplace par un
organisme
de coopération effective dans
la production comme dans la
distribution.
Libérale
par nature, notre économie le
sera aussi par la gestion
rationnelle
des ressources nationales.
L'indépendance économique
Le
premier objectif de la
politique de
développement sera de rompre
définitivement avec les
modèles
qui comptent essentiellement
sur l'aide
et l'assistance internationale
pour
développer un pays. Dans cette
perspective, l'indépendance
économique
sera assurée :
par
l'option selon laquelle les
Sénégalais
compteront d'abord sur
eux-m?mes et
sur leurs propres ressources
pour développer
le Sénégal, par la réalisation
a tr?s court terme de
l'indépendance
alimentaire et la production
de surplus
destines a être exporte, par
le
renforcement du contrôle de
l'industrie
dont la vocation sera
nationale.
En
ce sens, tous les
investissements étrangers
se feront dans le respect des
priorités
nationales souverainement
fixées
par le pays, par
l'interdiction de constituer
dans le pays, au nom du
tourisme, des
îlots ou des sites échappant
au contrôle de l'Etat et d'où
les nationaux seront exclus,
par l'élimination
rapide du déficit de la
balance
commerciale et de la balance
des paiements.
2/
La gestion rationnelle et ses
moyens
La
gestion rationnelle se fera au
départ
selon trois secteurs lies de
la manière
suivante :
Au
plan statique
Un
secteur étatisé et gère
par l'Etat selon les critères
a la fois économiques et
sociaux
: eau, électricité, santé,
téléphone et services
postaux, autres grandes
productions
de biens ou de services.
Un
secteur d'intérêt national
mais non étatique comprenant
:
un
sous-secteur communautaire
un sous-secteur autogéré
un sous-secteur municipalise
un sous-secteur réserve aux
nationaux
un sous-secteur ou les efforts
privent
nationaux ou étrangers seront
soutenus par l'Etat.
Un
secteur totalement libre ou
les nationaux
et étrangers peuvent
développer
des activités a leurs risques
et périls sans espérer
l'assistance financière de
l'Etat.
Au
plan dynamique
L'économie
soutenue par l'intervention de
l'Etat
(secteur communautaire,
secteur autogéré,
secteur municipalise, réserve,
national ou soutenu) doit
supporter
largement la croissance en
dégageant
l'épargne qui, ajoutée
? celle du secteur prive, doit
assurer
un développement non dépendant
de l'extérieur.
L'Etat
veillera à ce que l'existence
des trois secteurs ne soit pas
source
d'un accroissement des
inégalités.
Les
loisirs
En
accord avec les syndicats, les
horaires
de travail dans le secteur
prive et
dans la fonction publique
seront modifies
et la journée continue sera
adoptée
de façon à libérer
les travailleurs en début
d'après-midi,
le reste de la journée étant
utilise aux taches d'éducation
et aux loisirs.
Les
loisirs seront organises pour
avoir
un caractère collectif,
éducatif
et culturel.L'age de la
retraite ne
sera plus fixe de manière
rigide.
La
retraite sera generalisée et
étendue au monde paysan et un
système national de sécurité
sociale sera institue.
3)
La politique de développement
La
politique de développement
sera
poursuivie selon quatre axes
qui sont
les options structurelles,
l'administration
économique du développement,
la planification et la
politique économique
et financière.
Les
objectifs structurels
L'option
de base est que le point de
départ
de notre développement doit
être
l'agriculture et que tout
l'espace économique
national doit être mis en
valeur
par un réseau de plus en plus
dense de voies de
communication.
A
cette fin, le maximum de
barrages sera
construit par des moyens très
simples et peu coûteux et le
compactage
biologique des bassins de
rétention
d'eau sera vulgarise de façon
a introduire et généraliser
de nouvelles cultures. Le
gouvernement
a moyen terme, réalisera :
un
réseau hydrologique artificiel
qui viendra compléter le
réseau
national existant grâce a
l'édification
de canaux latéraux et de
bassins
de captation, un vaste réseau
national d'électrification et
de télécommunication,
crée de façon surtout
a faire bénéficier la
campagne du droit a la
communication,
la régénération
des forets, la lutte contre le
vent
et la fixation des dunes grâce
a un réseau de brise-vents par
des moyens économiques et avec
le concours des populations,
au lieu
de recourir a l'aide
extérieure.
Les
surplus provenant de
l'agriculture et
le reste de l'épargne
nationale
seront orientes vers le
développement
de l'industrie lourde et de
l'industrie
légère.
Un
inventaire complet des
ressources nationales
sera fait pour servir de base
au développement
industriel. La révolution
climatique
qui sera le résultat de cette
politique d'action
structurelle sera
doublée d'une révolution
agraire fondée sur
l'instruction
et l'éducation des masses
rurales,
de façon à substituer
l'agriculteur au paysan.
La
production de fourrages
artificiels
permettra de lier de façon
rationnelle
l'agriculture et l'élevage. De
la même façon, la
transformation
des produits agricoles
permettra de
lier l'agriculture et
l'industrie.
Par
la recherche a l'Université
ainsi
que dans les industries et par
l'expérimentation
sur le terrain, l'Etat
procédera
à la regeneration des terres
et a leur enrichissement.
La
propriété individuelle
de la terre nécessaire a
l'habitat
et a l'exploitation de la
famille sera
garantie et transmissible aux
enfants
mais sans porter préjudice
a-la
politique sociale de l'habitat
et aux
besoins d'exploitation
collective des
terres.
La
loi sur le domaine national
sera revue,
adaptée et complotée,
L'administration économique
Les
régions économiques
Par
souci d'une plus grande
homogénéisation
de l'espace économique, les
régions
administratives actuelles
seront supprimées.
Les préfectures seront
agrandies
et les attributions des
préfets,
dont la dénomination sera
changee,
renforcée. Toutefois,
l'essentiel
de la reforme administrative
actuellement
en cours sera conserve.
Des
régions économiques seront
constituées sur la base de
critères
économiques.
Chaque région sera placée
sous l'autorité d'un D.R.P.
(Directeur
Régional de la Planification),
assiste d'un adjoint a
l'aménagement
du territoire.
Les
régions conçues sur des
bases économiques auront des
vocations complémentaires les
unes des autres de façon ?
permettre
des échanges entre elles.
La
Fonction Publique, trop
centralisée
à Dakar, sera réduite
au strict nécessaire et le
surplus
des effectifs transfère ?
l'administration
économique et au secteur
prive.
3/
La planification économique
La
planification de l'économie
nationale
se fera désormais par la voie
démocratique de la double
planification.
En
plus du plan national dont
certains
objectifs seront régionalisés,
chaque région économique
fera l'objet d'une
planification régional.
A
la différence du plan
national,
le plan régional se fixera des
objectifs concrets et
recherchera des
moyens de réalisation locaux,
et les populations seront
associées
a son élaboration et a son
exécution.
4/
La politique économique et
financiere
Le
parti combattra toutes les
formes de
gaspillage ainsi que les
investissements
inconsidérés ou de prestige,
genre foire de Dakar ou
autres, qui
ne font qu'endetter
inutilement le pays.
L'emprunt
sera exceptionnel et sélectif
et les fonds d'emprunt ne
pourront servir
qu'a des investissements
productifs
sérieusement sélectionnes.
Le
système fiscal sera
profondément
modifie pour s'adapter au
système
économique et au système
de planification et assurer le
maximum
de rendement sans freiner
l'activité
économique. L'impôt sera
démocratise et la suppression
des délits économiques
tels que la fraude fiscale ou
douanière,
sera renforcée et exercée
avec celerite.
L'impôt
sera à la fois un facteur de
development et de
redistribution des
revenus afin de combattre les
inégalités.
II
- LES MOYENS HUMAINS ET
L'ORIENTATION
NATIONALE
1/
Un système éducatif adapte
Le
développement de la société
sénégalaise ne sera plus
laisse au hasard d'une reforme
de l'enseignement
que tel ou tel ministre
s'empressera
d'introduire dans l'unique
souci de
laisser un nom.
Tout
système éducatif cohérent,
pour résister au temps et
s'ajuster
au projet social, doit avant
tout répondre
à la question : quel type de
Sénégalais veut-on former
?
Le
P.D.S. écarte autant le type
de sénégalais qui est
incapable de s'adapter au
développement
que celui qui, sollicite par
le modèle
occidental ou les idéologies
étrangères, est en réalité
un désadapté.
Entre
ces deux extrêmes, il y a
place
pour le sénégalais en
projet, authentique,
negro-africain,
conscient d'être dépositaire
de valeurs humaines sures,
mais conscient
aussi de l'interdépendance des
civilisations
et des apports extérieurs
fécondants.
C'est donc dire que la fierté
d'être soi doit être
compatible
avec une ouverture d'esprit
suffisamment
large pour s'inspirer des
autres, sans
risque d'être assimile.
Ce
Sénégalais, quel que soit
le niveau auquel il est situe
dans les
structures nationales, doit
assimiler
les techniques et méthodes
étrangères
dans la mesure ou elles sont
susceptibles
d'accroître son efficacité
et ne lui font pas perdre pour
autant
sa personnalité. C'est lui qui
doit, par son sens de la
créativité
et son
travail, faire progresser le
Sénégal
actuel au niveau du
Senegal-projet capable
de vivre son époque.
Les
moyens qui seront mis en
oeuvre sont
la formation, l'éducation, le
travail et la politique
culturelle.
2/
La formation professionnelle
La
formation professionnelle
prendra en
considération la nécessite,
au regard du développement,
d'adapter
la main-d’œuvre a la demande
des différents secteurs
d'activité
économique et de satisfaire en
même temps le droit au
travail.
Les
professions et les activités
utiles au développement seront
sélectionnées pour satisfaire
ces priorités, et des centres
de formation seront ouverts
partout
au Sénégal.
En
ce qui concerne l'agriculture
et l'industrie
de transformation des produits
agricoles,
les jeunes, après une
formation
primaire, seront orientes vers
les activités
agricoles et subiront sur
place une
formation permanente qui nous
permettra
de substituer l'agriculteur au
paysan.
Une
formation plus spécifique
orientera
les jeunes vers l'industrie et
le secteur
tertiaire selon une formation
professionnelle
adaptée a leur niveau.
3/
L'éducation
Le
droit a l'éducation est
solennellement
réaffirme mais il comporte des
obligations.
L'Etat,
appuie sur les partis,
pourvoiera a
l'éducation des masses par des
méthodes audacieuses et
révolutionnaires.
L'alphabétisation
sera systématiquement
poursuivie.
A ce sujet, le P.D.S. donnera
l'exemple
en alphabétisant dans les
meilleurs
délais les militants au sein
des cellules de base.
Cet
effort s'appuiera sur des
publications
de périodiques destines ? la
grande masse comprenant autant
des périodiques
de nature politique que des
périodiques
d'éducation générale.
Ceux
qui bénéficieront de
l'éducation
de l'Etat auront aussi le
devoir de
contribuer a l'éducation des
autres et au financement de
leur propre
éducation, ce qui allégera
le poids du financement de
l'éducation
globale par l'Etat.
La
finalité de l'éducation
devra être d'adapter les
Sénégalais
au projet social de la Nation.
La
fonction enseignante sera
revalorisée
et priviligiee de façon à
orienter les meilleurs cadres
sénégalais
vers l'enseignement. Une
reforme démocratique
de l'enseignement sera adoptée
et maintenue fermement pendant
une durée
suffisante pour être
opérationnelle
et produire des résultats.
L'éducation
primaire et pratique sera
universellement
dispensée dans tout le pays et
le taux de scolarisation a 100
% sera
poursuivi. L'esprit de
'enseignement
sera différent en ce sens que
les enfants comprendront que
savoir
lire et écrire ne conduit pas
nécessairement a un bureau.
Les
enseignements secondaires et
supérieurs
seront modifies de façon à
permettre la création de
collèges
universitaires. L'enseignement
supérieur
sera inséparable de la
recherche
et des institutions seront
mises sur
pied dont l'objectif sera
l'étude
de solutions concrètes aux
problèmes
du développement
: l'utilisation alternative
des ressources
nationales, la transformation
des produits,
etc.
Les
étudiants feront
obligatoirement
des stages auprès des paysans
et participeront à des taches
concrètes de formation,
d'éducation
et de développement tant en
milieu
rural qu'en milieu urbain.
La
bourse generalisee sera liée
aux études et seul le mérite
sera pris en considération.
En
raison de l'importance de
l'agriculture
dans notre projet de
développement,
il sera créé un institut
des Sols que tous les
agriculteurs pourront
consulter à peu de frais pour
connaître la nature des sols
et
les apports qu'il faut pour
les enrichir.
Les
sports
La
pratique des sports sera
generalisee
et il sera créé un Institut
Supérieur des Sports.
Ecole
itinérante du Parti
Au
début, les cadres du Parti se
déplaceront vers les militants
pour diriger des séminaires de
formation politique et civique
selon
un programme a établir.
Mobilisation
de la jeunesse
Tout
développement doit
principalement
reposer sur la mobilisation de
la jeunesse
qui doit ?etre intégrée
au projet social.
L'insertion
des jeunes au processus du
développement
les détournera des occupations
malsaines et de l'oisiveté.
Les
jeunes responsabilisés seront
les piliers essentiels de
notre révolution.
4/
Culte et mystique du travail
Le
travail étant un moyen de
libération,
une expression de la liberté
et un moyen de réalisation de
l'essence de l'homme, le
P.D.S. en fait
une véritable mystique qui
doit
animer chaque Sénégalais.
5/
La politique culturelle
Une
politique culturelle nationale
sera
poursuivie mais fondée sur les
besoins des masses et sur la
réhabilitation
de nos valeurs culturelles
nationales.
L'art
et la littérature, sous toutes
leurs formes, écrites ou
orales,
seront encourages et les mass
media,
radio, télévision et cinéma,
seront largement ouverts au
développement
culturel.
Des
conditions modernes seront
aménagées
en faveur du théâtre et
de la danse traditionnelle.
Le
gouvernement encouragera la
diffusion
de la culture nationale et la
Coopération
culturelle entre le Sénégal
et les autres pays.
CHAPITRE
III : LES
RELATIONS EXTERIEURES
Partant
de la constatation de
l'appartenance
du Sénégal au monde de
l'Afrique au sud du Sahara et
au groupe
du tiers-monde ainsi que celle
de la
nécessite de la coopération
avec les pays développés,
le gouvernement sera
essentiellement
guide par les principes
suivants.
I
– UNITE POLITIQUE DE L'AFRIQUE
ET SOLIDARITE AVEC
LES PAYS DU TIERS-MONDE
1/
L'unité politique de l'Afrique
Le
gouvernement ne ménagera aucun
effort pour la réalisation de
l'unité politique de l'Afrique
et le Parti oeuvrera pour que
le Sénégal
se fonde olitiquement dans un
ensemble
africain, a commencer d'abord
par un
ensemble unissant notre pays
avec ses
voisins immédiats.
A
cet effet, a la place des
rencontres
entre chefs d'Etat de
l'O.U.A., le Sénégal
préconisera des rencontres
entre
partis politiques africains a
tous les
niveaux, plus spécialement
entre
les femmes et les jeunes des
pays d'Afrique.
La
Charte de l'O.U.A. sera
respectée
et l'O.U.A. sera renforcée.
Les
solutions des litiges entre
pays africains
seront recherchées au sein de
l'Organisation africaine.
2/
Solidarité avec le tiers-monde
La
lutte du peuple sénégalais
s'inscrit dans la lutte plus
large des
pays du tiers-monde pour se
libérer
de l'exploitation et de la
domination
des pays développes. Le
Sénégal
renforcera le Front des 77
tant dans
ses organismes propres qu'au
sein des
organisations internationales.
Le
gouvernement restera fidèle au
principe de la solidarité
effective
avec tous les mouvements de
libération
nationale énoncent dans la
plate-forme
du P.D.S.
II
– POLITIQUE DE COOPERATION
AVEC
LES
PAYS DEVELOPPES
1/
La coopération bilatérale
Le
développement d'un pays ne
peut
se poursuivre harmonieusement
que dans
la paix et la coopération
internationale
avec les pays développes.
Jaloux
de son indépendance, le
Sénégal
ne fera jamais de l'aide
internationale
la base d'une politique de
développement,
mais comptera d'abord sur ses
propres
moyens matériels,
intellectuels
et moraux. Plus
particulièrement
l'aide internationale, au
demeurant
nécessairement sélective,
ne pourra être un prétexte
ni pour asseoir une ère
d'influence
des grands pays, ni pour
maintenir et
perpétuer un système
d'exploitation
ou de dépendance.
Le
gouvernement préservera le
caractere
privilégie des relations
économiques,
technologiques et culturelles,
mais
poursuivra la coopération avec
tous les pays développes.
2/
La coopération multinationale
Le
gouvernement réaffirmera
l'attachement
du Sénégal a l'Organisation
des Nations-Unies, a ses
institutions
et organismes spécialises. Il
s'engagera a ne ménager aucun
effort pour préserver la paix
internationale.
En
ce sens, les principes
d'action des
Nations-Unies et de règlement
des conflits seront
réaffirmes.
CHAPITRE
IV : LE
FRONT NATIONAL DE GOUVERNEMENT
Prenant
en considération le fait de la
diversité des opinions
politiques
au Sénégal, le Parti mettre
tout en oeuvre pour permettre
la plus
large expression politique au
Sénégal
et, au-delà, l'union des
forces
de la gauche démocratique.
Cependant,
compte-tenu de la nécessite de
préserver l'unité nationale,
le multipartisme ne devra en
aucune
façon compromettre cette unité
en favorisant des forces ou
des formations
politiques dépendantes de
l'étranger.
Le
parti soutiendra l'idée d'un
Front commun avec tous les
partis de
gauche qui se seront assures
une signification
politique sur la base des
élections
et se seront révèles comme
poursuivant réellement les
mêmes
objectifs d'indépendance
nationale,
de développement par soi et
pour
soi, de justice sociale, de
démocratie
et de fidélité a l'Afrique.
A
cet effet, le P.D.S. soutient
l'idée
d'un front des forces
démocratiques
qui peut s'articuler ainsi :
1/
Elaboration d'un programme
commun qui
sera défendu par chacun des
partis
du Front et sera, en cas de
victoire
aux élections, applique soit
par un gouvernement du parti
majoritaire,
soit par un gouvernement de
coalition
des partis membres du Front.
2/
Définition d'un domaine propre
ou chaque parti retrouvera sa
liberté
d'action.
NOTES
La
première formulation du
socialisme
démocratique comme
doctrined'un
parti politique au Sénégal
a été faite pour la première
fois dans les Statuts du
P.D.S. déposés
le 31 juillet 1974 au
Ministère
de l'Intérieur.
La formulation a été reprise
dans le présent Programme
Fondamental,
adopte par le Premier Congres
qui s'est
tenu a Kaolack, Sine-Saloum,
les 30,
31 janvier et 1er février 1976
(Programme Fondamental,
Edition 1976,
p.5, paragraphe 1, qui
réaffirme
que le projet de société
du P.D.S. est "une société
socialiste et démocratique",
et p. 16).
Jusque-la,
l'Union Progressiste
Sénégalaise,
qui n'était pas encore un
parti
mais un rassemblement, par
suite de
ses origines (fusion de
plusieurs partis)
n'affirmait officiellement
qu'une idéologie,
la négritude, bien que Senghor
eut préconise depuis longtemps
déjà "la voie africaine
du socialisme".
Devenu
"Parti Socialiste", l'U.P.S.
se réclama d'abord
officieusement
du socialisme démocratique
puis
officiellement au cours de son
Conseil
National de décembre 1977.
Le
gouvernement du Parti
Socialiste fit
adopter par l'Assemblée
Nationale
la loi numéro 76—1 du 29
mars 1976 fixant le nombre des
partis
politiques a trois.
Par
la suite la loi 76-26 du 6
avril 1976
va obliger chacun des trois
partis existants
a se referer a l'un des
courants :
Marxisme
léninisme ;
Socialisme démocratique ;
Libéralisme démocratique
La
même loi donnait au parti le
plus
ancien le privilège de choisir
le premier son courant, les
autres devant
prendre, dans un délai de six
mois, l'un des courants
restants, à
peine d’inexistence car "Au
cas ou plusieurs partis
existants se
réclameraient du même courant
de pensée, le plus ancien sera
seul considère comme autorise
au regard des dispositions de
la présente
loi". Cette loi est connue
sous
le nom de "loi sur les
courants".
C'est
ainsi que le P.D.S. accepta de
se referer
au courant du libéralisme
démocratique
et d'adapter, en conséquence,
certaines dispositions de ses
statuts.
Le texte en exergue tout au
début
du présent document qui, dans
sa rédaction antérieure,
faisait allusion au
"socialisme
démocratique", a ainsi été
modifie.
Progressivement,
le P.D.S. a identifie son
option doctrinale
comme étant le
"liberalisme-travailliste".
Toujours
sur l'initiative du
gouvernement du
Parti Socialiste, l'Assemblée
Nationale adopta par la suite
la loi
constitutionnelle numéro 78-60
du 28 décembre 1978 (J.O. du
6 janvier 1979), qui portait
le nombre
de partis a quatre en
reconnaissant
comme nouveau courant le
courant conservateur
et en supprimant le mot
"démocratique"
après l'énonciation des
courants officiels.
Le
Mouvement Républicain
Sénégalais,
M.R.S. fut reconnu sur la
nouvelle base
constitutionnelle en janvier
1979.
La
restriction du multipartisme
sera levée
et le retour au pluripartisme
intégral
opéré par la loi 04/81
portant révision de la
constitution.
La même loi supprimera la
référence
obligatoire a un courant.
Le
Secrétaire Général
du P.D.S. a développe par la
suite la conception
negro-africaine
de la liberté :
discours
d'ouverture de la Première
Conférence
Nationale(Dakar, Août? t
1975),discours
d'ouverture du Colloque
International
sur les Droits de l'Homme dans
les systèmes
politiques en Afrique,
organise par
le P.D.S. et la Fondation
Friedrich-Naumann
(Dakar, les 12, 13 et 14 mai
1980)
Les
cinq principes de la
plate-forme du
P.D.S. ont été proclames
dans une déclaration écrite
du 31 juillet 1974, jour de la
naissance
du Parti, et dont le texte
constituant
introduction a la conférence
de presse le même jour a "La
Croix du Sud" par le
Secrétaire
Général du Parti, a été
publie intégralement dans "LE
DEMOCRATE", numéro 0 du
1er semestre 1974.
Le
Parti Africain de
l'indépendance,
P.A.I, reconnu en 1977,
énoncera
son tour pour la première fois
au cours des Congres tenu en
1979, cinq
principes dont quatre se
retrouvent
dans la plate-forme du P.D.S.
4.
La première formulation
technique
de l'idée d'indépendance
alimentaire remonte a la these
de A.
WADE, Economie de l'Ouest
Africain,
Unité et croissance, de juin
1959 (Présence Africaine,
"polyculture
vivrière" et "polyculture
industrielle", comme objectifs
principaux du développement et
base du démarrage de la
croissance.
La
formulation politique en
"indépendance
alimentaire" a été
faite à son tour dans le
Programme
Fondamental.
On
retrouvera par la suite cette
notion
dans le discours P.S. a partir
de la
campagne électorale qui a
précède
les élections du 26 février
1976.
5..
Le scrutin proportionnel a été
ainsi réclame pour la première
fois par le P.D.S. dans le
Programme
Fondamental. Par la suite, le
Secrétaire
Général en fera l'un des
thèmes de plusieurs
conférences
politiques sur "la reforme du
système
électoral" en 1977 (Salle
Daniel Brottier a Dakar et
Ziguinchor).
Le Président Senghor, au cours
d'une audience accordée au
Secrétaire
Général du P.D.S., donna
son accord sur une telle
revendication
qui fit l'objet d'un projet de
loi du
gouvernement, devenu la loi
numéro
77-57 du 26 mai 1977 (article
L88 de
la loi du 21 août 1976 portant
Code Electoral.
6.Au
cours des discussions qui
aboutiront
a la reforme constitutionnelle
(loi
du 28 décembre 1978 et depuis,
le P.D.S. précisera qu'il est
pour la limitation des partis a
trois.
En
un mot, pour le P.D.S., dans
un premier
temps, "chaque famille
d'opinion
significative" doit pouvoir
être
autorisée a devenir un parti
politique (Programme
Fondamentale, p.
14, paragraphe 2). Mais le
parti marxiste-léniniste
qui ne peut être un parti de
masse
en Afrique, étant reconnu en
raison de ses spécificités,
un referendum est propose a
l'issue
duquel subsisteraient les deux
autres
partis en tête dans la
consultation.
7.
L'article 2 bis des Statuts du
Parti
avait affirme le principe de
l'autonomie
syndicale qui sera a la base
de la création
de l'U.T.L.S. (Union des
Travailleurs
Libres du Sénégal.
Toutefois,
le 3e Congres des 16, 17 et 18
mai 1980
a modifie les Statuts sur ce
point et
introduit la possibilité d'une
affiliation d'un syndicat au
parti.
La
doctrine du "Président de
la République, Président
de tous les Sénégalais",
a été pendant longtemps
une revendication du P.D.S.
(Editorial
du "DEMOCRATE", numéro
1, novembre 1974).
Apres
avoir constate que Senghor
s'obstinait
a demeurer un homme de parti –
il a toujours été le
Secrétaire
Général du Parti Socialiste
– le P.D.S. a abandonne cette
revendication.
En
vingt ans, le P.S. n'a
présente
que trois propositions de
lois.
Selon
l'article 75 de la
Constitution, l'Assemblée
peut, par le vote d'une motion
de censure,
provoquer la démission du
gouvernement.
La recevabilité de la motion
de censure est subordonnée a
la Signature de 25 députés.
Ces dispositions supprimées
par
la suite ont été récemment
rétablies (Mars 1991.
Jusqu'a
la révision constitutionnelle
du 28 décembre 1978, seul le
Président de la République,
aux termes de l'article 63 de
la Constitution,
pouvait attaquer une loi pour
inconstitutionnalité
devant la Cour Suprême. Une
proposition
de loi du P.D.S., adoptée dans
la révision précitée,
reconnaît désormais a tout
groupe de 15 députés la
même faculté.
Il
est heureux de constater que
l'idée
de Convention Africaine des
Droits de
l'Homme formulée dans le
Programme
Fondamental a été mise
en oeuvre par l'O.U.A., sous
la forme
de Charte Africaine des Droits
de l'Homme
et des Peuples, sur
l'initiative de
Senghor qui, l'empruntant au
P.D.S.
et a son Programme Fondamental
de 1974,en
avait fait la proposition au
Sommet
de Monrovia en 1979.
Dans
un premier temps, le P.D.S.
demande
le droit pour les militaires
de participer
aux referendums, comme cela
est admis
au Maroc. L'idée d'autogestion
limitée, cependant a un
sous-secteur,
est ainsi formulée pour la
première
fois par un parti politique
sénégalais.
Le 3e Congres (16, 17 et 18
mai 1980)
a propose la création
immédiate
d'une Conférence des Etats de
l'Afrique de l'Ouest.
Adhésion
du P.D.S. au Non-Alignement.
Du reste,
une délégation officielle
du P.D.S. s'est rendue en
Yougoslavie
sur l'invitation de l'Alliance
Socialiste,
ce qui donnera l'occasion a la
direction
du P.D.S. de réaffirmer a
Belgrade
l'adhésion de notre Parti au
Mouvement des Non-Alignes
(septembre
1979).
Ce
chapitre a été rédige
a une époque ou n'existaient
que trois partis, dont deux de
gauche
et un de centre gauche (loi
numéro
75-68 du 9 juillet 1975,
article 2,
relative aux partis politiques
modifiée
par la loi numéro 76-26 du 6
avril 1976).
Apres
la révision constitutionnelle
du 28 décembre 1976 naîtra
en Janvier 1979 un parti
conservateur
(M.R.S..
Il
s'ensuit que le texte du
Programme Fondamental
de ce chapitre datant de
janvier 1976,
ne saurait être transpose
purement
et simplement dans la
situation actuelle.
Certains passages ont été
révises par des résolutions
de conventions et de congres
ou des
décisions du Bureau Politique.
Le
P.D.S. a donc été amené
a reformuler l'idée de Front
National, en particulier dans
la Résolution
de la Première Convention
Nationale
du 22 février 1980 et dans
celle
du 3e Congres, mais ces
formulations
ne changent en rien les
dispositions
principales de l'idée de Front
National.
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