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Le Programme Fondamental du Parti Démocratique Sénégalais P.D.S

Préambule

En adoptant le présent Programme Fondamental du Parti en tant qu’un ensemble de plans d’action et de lignes directrices vers un Projet de société spécifiquement sénégalais, le P.D.S. par la voie de son Premier Congrés, entend marquer du sceau d’une volonté de changement, le cours de l’histoire de notre pays.

Sorti récemment de la longue nuit coloniale dans laquelle il avait précédé les autres peuples d’Afrique, le peuple sénégalais a choisi d’assurer pleinement son indépendance et d’exprimer à ses frères d’Afrique et du monde le message que traduit sa destinée.

Comme l’histoire de tous les peuples, la notre est le résultat de l’interaction continue entre les données géophysiques et l’homme, mais elle est surtout marquée par notre appartenance a la civilisation negro-africaine et l’Esprit de liberté de l’homme sénégalais qui seuls, expliquent l’originalité de notre développement.

Conscient des possibilités illimitées de l’union des peuples anime du même idéal, et plus particulièrement de l’unité de destin des peuples d’Afrique, le peuple sénégalais déclare son adhésion au modèle de démocratie libérale. Ce faisant, il a conscience des difficultés qui prennent leur origine dans un contexte international domine par la volonté de puissance des grands pays et le réseau complexe des solutions internationales, économiques et financières, tissées depuis des siècles par les monopoles et les sociétés multinationales. Il réaffirme son refus du schéma neo-colonial qui tend a réduire les peuples du tiers-monde a des peuples voues a dépendre éternellement de l’aide et de l’assistance internationale.

Le choix pour l’action politique est justifie par le décalage qui existe entre la société telle qu’elle est réellement et la société telle qu’elle est conçue par les partis.

Pour cette raison un Projet de société, même s’il est formulé dans ses grandes lignes, ne peut pas être statique puisqu’il doit être alimenté en permanence par l’expérience et la théorie.

Les doctrines européennes relèvent de deux courants.

Le premier est issu de la pensée chrétienne et sa notion de liberté due a saint thomas d’acquin. Pour cette philosophie dite "thomiste", la liberté de l’individu est une donnée absolue préexistant au groupe social: elle est "avant".

Le second courant relevé du marxisme-léninisme et de la philosophie du matérialisme historique qui lui sert de fondement. Dans cette conception la liberté n’existe pas a priori. Elle se construit par la dictature du prolétariat a travers la révolution. C’est pour cela que le marxisme-léninisme rejette la liberté a la fin dans la phase du communisme : elle est "après".

Par contre, l’originalité de la pensee negro-africaine est de considérer la liberté comme attribut du couple individu groupe, ceci dans une vision statique, la dynamique de ce couple étant assurée par le travail qui transforme le milieu.

En effet la pensée nègre ne conçoit pas l’individu en dehors du groupe. Elle saisit d’emblée le couple individu-groupe comme une structure. C’est le principe de solidarité organique. Il s’ensuit que la liberté de l’individu et la liberté du groupe sont une seule et même chose contrairement a l’occident ou elles sont dissociées et peuvent être antagoniques. Elles l’a d’ailleurs toujours été tout au long de l’histoire de l’europe.

Mais un décalage existe toujours entre le groupe ou son stade suprême la société telle qu’elle est et la société en tant qu’aspiration ou projet. En ce sens les progrès que réalise le peuple sénégalais en direction de la plénitude des valeurs fondamentales sont dépendants du milieu et de l’époque et sont fonction du travail et de l’activité créatrice consciente de l’homme qui poussent la société actuelle vers la societe-projet.

Mais toute production, bien ou service, donc tout progrès est le résultat de la combinaison de deux facteurs de production: Le capital dans sa forme d’outil, machine ou équipement, et le travail dans sa forme de main-d’œuvre ou d’organisation. Selon le produit, les deux facteurs se combinent dans telle ou telle proportion. La croissance économique de l’Europe a été fonde sur le choix privilégie du capital. C’est le libéralisme capitaliste avec ses immenses qualités mais aussi ses formes perverses comme le colonialisme et l’impérialisme contre lesquels les peuples d’Afrique et du tiers-monde ont lutte et continue de lutter.

Conscient des vertus de l’économie libérale comme de ses déviations, le p.d.s. Choisit le liberalisme-travailliste en tant qu’il privilégie le facteur travail dans la production. Aussi le travailleur, qu’il soit paysan, ouvrier, artisan, intellectuel ou fournisseur de service est pour nous au centre de la croissance et du développement.

Le travail étant notre facteur le plus abondant, contrairement au capital, sera dans notre option, l’élément essentiel et privilégie de la transformation de notre milieu et de notre environnement qui conditionnera notre devenir.

Le travail libère l’homme et la mystique du travail est notre motivation profonde:


Travailles pour te libérer

Et ta dignité tu garderas

Travailles pour te réaliser

Et ton pays tu sauveras.

En proclamant son option de se libérer par le travail, le peuple sénégalais se déclare i’allie de tous les peuples du monde qui luttent pour la libération nationale la libération de l’homme. Afin de faciliter l’alliance avec tous les Sénégalais conscients de la nécessite de se mettre à la disposition de la nation, le P.D.S. des sa créations et en attendant l’élaboration démocratique de son programme, avait propose une plate-forme d’action en cinq principes :

restauration de la démocratie;

mise en oeuvre des ressources nationales au profit de la Nation et des nationaux;

indépendance politique effective;

priorité d’unité politique et démocratique de l’Afrique sur les relations verticales avec les pays développés;

Solidarité effective avec les mouvements de libération nationale.

Lorsque l’on pense qu’a de rares exceptions près, les programmes de parti se réduisent généralement a l’énonciation de quelques principes généraux et que, par contre, celui du p.d.s. a été élabore démocratiquement par une commission nationale et discute tout aussi démocratiquement par les militants dans les régions, on ne peut pas ne pas reconnaître que la conception de la démocratie, au-delà du simple mot, nous sépare déjà de beaucoup de formations politiques.

C’est donc après dix huit mois de travail et d’échange entre la base et sommet que le Parti Démocratique Sénégalais, se fondant sur une évaluation réaliste de toutes les ressources matérielles, intellectuelles et morales du pays et sur les aspirations profondes des masses, a conçu pour le peuple sénégalais, un projet de société ou seraient respectées les libertés fondamentales de la personne humaine. Cette société en projet, libre et démocratique, sera portée, chaque jour, grâce au travail des Sénégalais, a un niveau plus élevé de développement.

Les objectifs de l’action politique permettant de réaliser le projet de société du P.D.S ainsi que les moyens de les atteindre seront indiques pour constituer le programme du Parti.

Peut-être n’est-il pas superflu, pour terminer, de rappeler que le présent document, conformément au titre qui lui est donne, est le Programme Fondamental du Parti, destine a servir de guide a l’élaboration des programmes opérationnels de gouvernement, programmes a court et moyen terme qui prévoient, bien entendu, a cote des objectifs, les moyens de les réaliser.

CHAPITRE 1 : LE PROJET DE SOCIETE DU PEUPLE SENEGALAIS

Pour réaliser le projet de société qu’il a conçu pour le peuple sénégalais, le Parti, réunissant le plus de Sénégalais possible sous le signe de sa devise ‘’DIGNITE-JUSTICE-FRATERNITE’’, s’engage a construire une société libre et démocratique par la poursuite dans chaque domaine, d’objectifs précis et la définition de moyens de leur réalisation.

1-UNE SOCIETE JUSTE

le Parti se propose d’abord de supprimer toutes les formes d’inégalités dressées entre Sénégalais ou groupes de Sénégalais par la colonisation et la politique de développement suivie depuis l’indépendance. Dans cette perspective, il proclame la responsabilité sociale de l’Etat.

1) La suppression des inégalités

Les inégalités régionales seront élimines très rapidement grâce à la mise en place d’un réseau national de voies de communication efficace autant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif, grâce aussi a la répartition équitable des investissements et des dépenses sociales dans l’espace économique national.

Une telle politique de rééquilibre de l’espace économique national déséquilibre par le colonisateur et la politique économique postérieure a l’indépendance, sera faite en même temps qu’une orientation du peuplement vers l’intérieur du pays : Politique de fixation de la population et d’attirance des cadres vers l’intérieur du pays. Dans cette perspective, les cites intérieures seront l’objet d’un souci particulier des pouvoirs publics de façon ? ce qu’elles puissent disposer de tout ce qu’attire présentement vers les villes. Le souci parallèle et concomitant de la nation sera de fournir en permanence a la population une nourriture suffisante sans aucune entrave et a des conditions accessibles aux bourses les plus faibles.
Non seulement les prix des denrées de première nécessite seront abaisses, mais la politique agricole aura comme objectif prioritaire l’indépendance alimentaire de la Nation.

Les inégalités d’opportunité seront éliminées entre groupes et entre individus en donnant à tous les enfants sénégalais les mêmes chances de réussite et d’exercice des responsabilités de toute nature.

Le parti combattra les classes sociales, source d’inégalités d’opportunité et source de conflits, afin que la richesse des parents, leur position sociale ou leur influence politique ne soient plus les principaux facteurs qui conditionnent l’avenir de l’enfant. En particulier, les bourses universitaires devront être rattachées aux études pour ne plus être des privilèges.

Les inégalités de revenus et de traitement seront aussi éliminées de façon à ne considérer que la valeur sociale du travail fourni et a ne préserver que la fourchette nécessaire a la stimulation de l’effort individuel, seule façon de ne pas éliminer les motivations individuelles et bloquer la dynamique du système.

Les inégalités fondées sur le sexe seront aussi éliminées de façon à ne considérer que le travail, le mérite et l’intérêt supérieur de la Nation.

Aucune restriction ne sera apportée à l’accès des femmes a toutes les fonctions, même gouvernementales.

Les inégalités dans l’accès au droit a l’assistance médicale
La gratuite des soins est reconnue pour tous.
Toutes les inégalités dues a la localisation seront supprimées de façon à ce que le malade de la brousse ne soit pas plus expose que celui de la ville et que la survie ne dépendent plus de la fortune.

Le corps du personnel de la santé sera renforce parla formation de médecins adaptes aux besoins du Sénégal, d’assistants médicaux capables. Le souci parallèle et concomitant de la Nation sera de fournir en permanence a-la population une nourriture suffisante sans aucune entrave et a des conditions accessibles aux bourses les plus faibles. Non seulement les prix des denrées de première nécessite seront abaisses, mais la politique agricole aura comme objectif prioritaire l'indépendance alimentaire de la Nation.

Les inégalités d'opportunité seront éliminées entre groupes et entre individus en donnant à tous les enfants sénégalais les mêmes chances de réussite et d'exercice des responsabilités de toute nature.

Le parti combattra les classes sociales, source d'inégalités d'opportunités, afin que la richesse des parents, leur position sociale ou leur influence politique ne soient plus les principaux facteurs qui conditionnent l'avenir de l'enfant. En particulier, les bourses universitaires devront être rattachées aux études pour ne plus être des privilèges.

Les inégalités de revenus et de traitement seront aussi éliminées de façon à ne considérer que la valeur sociale du travail fourni et a ne préserver que la fourchette nécessaire a la stimulation de l'effort individuel, seule façon de ne pas éliminer les motivations individuelles et bloquer la dynamique du système.

Les inégalités fondées sur le sexe seront aussi éliminées de façon a ne considérer que le travail, le mérite et l'intérêt supérieur de la Nation.

Aucune restriction ne sera apportée à l'accès des femmes a toutes les fonctions, même gouvernementales.

Les inégalités dans l'accès au droit a l'assistance médicale
La gratuite des soins est reconnue pour tous.
Toutes les inégalités dues a la localisation seront supprimées de façon à ce que le malade de la brousse ne soit pas plus expose que celui de la ville et que la survie ne dépende plus de la fortune.

Le corps du personnel de la santé sera renforce par la formation de médecins adaptes aux besoins du Sénégal, d'assistants médicaux capables d'apporter partout, avec diligence, les premiers soins et faire prendre les mesures préventives.

Le corps médical ira plus vers le malade que celui-ci n'ira vers le médecin. Cette conception de la mission du service de la santé est révolutionnaire en Afrique.

La formation supérieure des médecins sera préservée et l'accès au secteur prive libre sous réserve d'une réglementation des lieux d'implantation et des obligations sociales des médecins prives.

La médecine préventive et l'éducation sanitaire seront entreprises à grande échelle en vue d'aboutir à une véritable politique de santé publique.

Les inégalités dans les conditions de vie :
Urbanisme
Une politique démocratique et socialiste de l'urbanisme sera définie, inspirée de notre culture nationale.

Cette politique affectera :
le type de l'habitat, formes, matériaux et conceptions,
les ensembles sociaux et les équipements collectifs, la structuration des cites urbaines et des villages, de façon qu'elle tienne compte de nos modes de vie et de nos exigences culturelles.

Une fois les formes arrêtées, l'Etat décidera des moyens d'exécution (coercition, incitation, etc..

Les grandes villes comme Dakar feront l'objet d'une étude approfondie afin de déterminer les orientations a long terme et de rompre avec la petite politique de tâtonnements et d'aménagements marginaux.

Le gouvernement adoptera une politique révolutionnaire d'accès a l'habitat pour les bourses les plus faibles et cet accès sera ouvert à tous, y compris les paysans.

De vastes travaux d'édilité seront entrepris partout et réalises par des moyens économiques.

Mendiants

Le P.D.S. luttera, au niveau des mentalités, contre la mendicité de façon à aboutir à son éradication totale.

Handicapes

Les handicapes physiques feront l'objet d'une attention spéciale, de façon a leur trouver des activités par rapport avec leurs conditions et a les reclasser au sein de la société.

2/ La suppression des formes d'aliénation

Les progrès de la société sénégalaise sont entraves par de nombreuses aliénations dont les unes remontent très loin dans l'histoire du pays et les autres se rattachent à des formes plus modernes.

L'instruction et l'éducation rapides de la population, appuyées à la fois sur l'Etat et les partis, auront pour tache essentielle d'expliquer au Sénégalais moyen la situation de l'homme face à la nature, face à ses semblables et face à son destin. Toutefois, cette instruction et cette éducation se feront sans traumatiser les populations par une brusque privation des valeurs culturelles qui assuraient l'équilibre social.

Parallèlement, le Parti entreprendra une vaste campagne de désaliénation des cadres plus évolues, par la persuasion essentiellement, en s'attaquant à tous les mythes modernes, qu'ils soient matériels ou idéologiques, afin que les esprits soient davantage orientes vers les valeurs de référence tirées de la civilisation et de la culture negro-africaine.

3/ Plan d'action sociale

L'action sociale fondée sur les spécificités sociologiques de notre pays s'appuiera également sur l'Etat et les populations.

La famille

Le sens authentique de la famille sera cultive de façon ? ce que la famille joue son rôle de cellule primaire de la construction nationale.

Le père sera davantage tenu d'assurer la surveillance et l'éducation des enfants qui ne devront pas être prives de l'affection a laquelle ils ont droit et être livres à la rue pour devenir une charge pour la société.

L'éducation se fera un devoir de faire en sorte que la famille, au sens très large, ne soit plus un frein et un poids opposés à l'effort individuel.

En ce sens l'Etat, au début et en attendant de pouvoir garantir le droit au travail a chacun, garantit le droit au travail a chaque famille.

La femme

L'égalité de l'homme et de la femme est solennellement proclamée mais dans le respect des particularités tenant à la psychologie et a la biologie des deux sexes.

Aucun obstacle a caractère discriminatoire ne sera dresse devant la femme qui manifeste des ambitions légitimes d'exercer un métier ou d'assumer une charge.

En tant que travailleuse, mère de famille et épouse, la femme sera assistée par tous les moyens. Des crèches seront instituées partout et fonctionneront sous la surveillance des femmes âgées qui auront ainsi l'occasion de participer à l'éducation des enfants a qui elles transmettront la sagesse et communiqueront
la tradition grâce aux contes et récits.

Dans chaque quartier, une ou plusieurs femmes seront formées et pourvues du matériel minimum nécessaire pour donner des conseils aux mères de famille, pour les assister ou les orienter en cas d'urgence.

Les fraternités d'age

Dans toute l'organisation politique, économique et sociale, la réalité des fraternités d'age sera prise en considération au sein des trois grandes catégories que sont les jeunes, les adultes, les anciens.

II – UNE SOCIETE DEMOCRATIQUE

1/ Les principes démocratiques de base

La société que le P.D.S. veut fonder est une société démocratique, la démocratie étant le seul système qui permet de préserver la liberté de l'individu et son épanouissement tout en assurant en même temps le progrès du groupe.

Notre option démocratique se traduira autant dans les institutions économiques et sociales que dans les institutions politiques.

Le principe de la majorité avec représentation et droit d'expression de la minorité sera introduit partout.
Le scrutin de liste proportionnel remplacera le système actuel de façon a assurer partout une direction plus démocratique.

Sur le plan politique, le principe de base de notre démocratie sera l'option pour le multipartisme et la distinction très nette entre les partis et l'Etat.

Le multipartisme permettra d'assurer la liberté d'expression de tous les groupes politiquement significatifs et le droit de chacun de ces groupes a prétendre a la direction des affaires publiques.

Toutefois, pour des nécessites de cohésion nationale, le Parti s'efforcera de dissuader les Sénégalais de toute velléité de perversion du multipartisme qui pourrait déboucher sur l'anarchie.

2/ Les partis politiques et les syndicats Les partis politiques

Chaque famille d'opinion politiquement significative pourra s'exprimer sous la forme d'un parti politique.

Les partis exerceront leurs activités dans le cadre de la loi et du règlement, en toute indépendance a l'égard de l'étranger.

Le gouvernement élaborera et proposera à l'Assemblée un projet de loi sur l'assistance aux partis politiques et leurs organes par l'Etat, comme cela se fait dans de nombreuses démocraties modernes.

En effet, le parti au pouvoir bénéficiant nécessairement d'avantages matériels et financiers de l'Etat, il serait injuste de priver totalement l'opposition du bénéfice de ces avantages.

Les partis pourront accéder équitablement aux moyens d'information de l'Etat, radio, télévision, journaux. A cet effet, le P.D.S. proposera une Commission Paritaire de Surveillance présidée par un représentant du gouvernement.

L'opposition aura un statut légal lui garantissant le libre exercice de ses droits et sera admise aux activités républicaines de l'Etat.

Les partis auront les mêmes droits et seront également représentes dans toutes les institutions ou leur présence est requise, notamment dans les Conseils Supérieurs et au Conseil Economique et Social.

Les syndicats

La liberté syndicale et le droit de grève seront garantis et protéges dans le cadre du pluralisme syndical.

Les syndicats sont reconnus comme étant utiles tant pour le développement que pour l'équilibre social.

Le syndicalisme sera moins un instrument systématique de revendication qu'un instrument de construction nationale et de mobilisation des travailleurs dans le sens du développement.

3/ Les institutions

Les institutions demeureront républicaines. Le régime sera présidentiel mais revu de façon a déconcentrer les pouvoirs.

Le Président de la République, Président de tous les Senegalais, sera un arbitre au-dessus des partis.

La fonction législative sera toujours assurée par l'Assemblée Nationale, mais celle-ci aura en outre une fonction de contrôle.

Le nombre des députés sera réduit, leur traitement supprime et remplace par des indemnités de session. Le député ne pourra plus, au lendemain de son élection, changer ses conditions de vie au point de devenir un étranger pour ses électeurs ou un seigneur auprès de qui ils viennent solliciter des faveurs.

Les députés ne se contenteront plus de voter des lois proposées par le gouvernement mais participeront plus activement a l'initiative des lois. Ils seront obliges de rendre compte périodiquement a leurs électeurs. Pour faciliter leur travail, des services d'information économique efficaces seront mis à leur disposition.

Le gouvernement, conçu sur des bases nouvelles, sera, dans des conditions restrictives, responsables devant l'Assemblée.

L'indépendance des magistrats sera renforcée et toutes mesures utiles en ce sens seront prises.

Les citoyens n'ayant pas de recours contre les lois anticonstitutionnelles, un correctif sera apporte en permettant ?

l'opposition de siéger a l'Assemblée Consultative de la Cour Suprême et a disposer du droit de recours pour inconstitutionnalité.

La Cour de Surete de l'Etat sera supprimée et certaine dispositions du Code Pénal concernant les délits politiques seront supprimées à leur tour ou profondément modifiees.

Le Conseil Supérieur de la Magistrature sera révise pour démocratiser davantage sa composition.

Une nouvelle institution sera créée : le Sénat (Conseil des Anciens), qui aura un rôle essentiellement consultatif.

Le Conseil Economique et Social sera profondément modifie ou supprime et son rôle peut être dévolu a l'Assemblée nationale.

La représentation diplomatique a l'étranger sera allégée dans le cadre de la réduction des dépenses de prestige.

Les libertés publiques

En même temps qu'ils ont des droits, les citoyens ont des devoirs et le devoir national a un caractère impérieux.

Les libertés individuelles et collectives seront garanties : liberté de penser, liberté de culte, liberté d'expression, liberté de réunion, liberté d'association, liberté de déplacement, etc.

La terre sénégalaise sera la terre de tous les Africains et la sécurité totale sera garantie a tous les étrangers vivant au Sénégal.

Le P.D.S. encouragera l'élaboration et l'adoption d'une Convention Africaine des Droits de l'Homme ainsi que la création d'une juridiction africaine protégeant les droits inaliénables des ressortissants des pays membres.
Le droit d'asile est réaffirme pour tout homme persécute en raison de son attachement a la liberté.

4/ Le système électoral

Toutes mesures seront prises pour que le suffrage universel soit une réalité au Sénégal. établissement de listes électorales correctes et complètes .
application plus stricte des mesures existantes et dont l'objet est d'assurer la liberté de vote, perfectionnement du system de dépouillement présence de l'opposition dans les instances de recensement.

Le droit de vote sera reconnu aux militaires.

D'un l’autre cote, il est indispensable de prendre en considération la réalité des jeunes dans la politique nationale.

Pour cette raison, le P.D.S. se prononcera pour l'abaissement de la majorité électorale a 18 ans et un système plus democratique d'élection des députés a l'Assemblée Nationale.

La division de la société en partis politiques devrait s'atténuer par la présence des partis dans l'exercice des responsabilités collectives : législation, fonction municipale et autres.
La liste nationale unique sera supprimée, de même que le scrutin de liste majoritaire qui attribue tous les postes a un seul parti a l'exclusion des autres.

Le scrutin sera un scrutin uninominal ou un scrutin de liste proportionnel a l'échelle départementale ou régionale.

CHAPITRE II : L'ORGANISATION ECONOMIQUE ET LA GESTION LIBERALE

Le développement a pour but final le plein épanouissement du groupe et de l'individu par l'éducation et l'amélioration continue du niveau de vie de chacun. Notre option liberalo-travailliste a des implications économiques spécifiques et doit reposer sur une orientation originale des ressources humaines;

I – LES IMPLICATIONS ECONOMIQUES DE NOTRE OPTION

LIBERALO-TRAVAILLISTE

1/ La finalité du développement

Elle se traduira autant dans le domaine de la production que dans celui de la répartition ou la consommation.

Les coopératives actuelles n'ont de coopérative que le nom puisque la coopération au Sénégal ne se traduit ni dans la production ni dans la consommation qui demeurent individuelles. En fait, les coopératives sont de simples mutuelles de garantie dans lesquelles les paysans sérieux paient pour ceux qui, pour une raison ou une autre, ne remboursent pas les avances de l'Etat.
Les coopératives actuelles seront donc supprimées et remplacées par des formes de production commune et de distribution collective garantissant à chaque producteur un minimum de revenu mensuel et l'approvisionnement a bas prix et denrées alimentaires, produits domestiques et instruments de production.

L'ONCAD sera purement et simplement supprime pour être remplace par un organisme de coopération effective dans la production comme dans la distribution.

Libérale par nature, notre économie le sera aussi par la gestion rationnelle des ressources nationales.
L'indépendance économique

Le premier objectif de la politique de développement sera de rompre définitivement avec les modèles qui comptent essentiellement sur l'aide et l'assistance internationale pour développer un pays. Dans cette perspective, l'indépendance économique sera assurée :

par l'option selon laquelle les Sénégalais compteront d'abord sur eux-m?mes et sur leurs propres ressources pour développer le Sénégal, par la réalisation a tr?s court terme de l'indépendance alimentaire et la production de surplus destines a être exporte, par le renforcement du contrôle de l'industrie dont la vocation sera nationale.

En ce sens, tous les investissements étrangers se feront dans le respect des priorités nationales souverainement fixées par le pays, par l'interdiction de constituer dans le pays, au nom du tourisme, des îlots ou des sites échappant au contrôle de l'Etat et d'où les nationaux seront exclus, par l'élimination
rapide du déficit de la balance commerciale et de la balance des paiements.

2/ La gestion rationnelle et ses moyens

La gestion rationnelle se fera au départ selon trois secteurs lies de la manière suivante :

Au plan statique

Un secteur étatisé et gère par l'Etat selon les critères a la fois économiques et sociaux : eau, électricité, santé, téléphone et services postaux, autres grandes productions de biens ou de services.

Un secteur d'intérêt national mais non étatique comprenant :

un sous-secteur communautaire
un sous-secteur autogéré
un sous-secteur municipalise
un sous-secteur réserve aux nationaux
un sous-secteur ou les efforts privent nationaux ou étrangers seront soutenus par l'Etat.

Un secteur totalement libre ou les nationaux et étrangers peuvent développer des activités a leurs risques et périls sans espérer l'assistance financière de l'Etat.

Au plan dynamique

L'économie soutenue par l'intervention de l'Etat (secteur communautaire, secteur autogéré, secteur municipalise, réserve, national ou soutenu) doit supporter largement la croissance en dégageant l'épargne qui, ajoutée ? celle du secteur prive, doit assurer un développement non dépendant de l'extérieur.

L'Etat veillera à ce que l'existence des trois secteurs ne soit pas source d'un accroissement des inégalités.

Les loisirs

En accord avec les syndicats, les horaires de travail dans le secteur prive et dans la fonction publique seront modifies et la journée continue sera adoptée de façon à libérer les travailleurs en début d'après-midi, le reste de la journée étant utilise aux taches d'éducation et aux loisirs.

Les loisirs seront organises pour avoir un caractère collectif, éducatif et culturel.L'age de la retraite ne sera plus fixe de manière rigide.

La retraite sera generalisée et étendue au monde paysan et un système national de sécurité sociale sera institue.

3) La politique de développement

La politique de développement sera poursuivie selon quatre axes qui sont les options structurelles, l'administration économique du développement, la planification et la politique économique et financière.

Les objectifs structurels

L'option de base est que le point de départ de notre développement doit être l'agriculture et que tout l'espace économique national doit être mis en valeur par un réseau de plus en plus dense de voies de communication.

A cette fin, le maximum de barrages sera construit par des moyens très simples et peu coûteux et le compactage biologique des bassins de rétention d'eau sera vulgarise de façon a introduire et généraliser de nouvelles cultures. Le gouvernement a moyen terme, réalisera :

un réseau hydrologique artificiel qui viendra compléter le réseau national existant grâce a l'édification de canaux latéraux et de bassins de captation, un vaste réseau national d'électrification et de télécommunication, crée de façon surtout a faire bénéficier la campagne du droit a la communication, la régénération des forets, la lutte contre le vent et la fixation des dunes grâce a un réseau de brise-vents par des moyens économiques et avec le concours des populations, au lieu de recourir a l'aide extérieure.

Les surplus provenant de l'agriculture et le reste de l'épargne nationale seront orientes vers le développement de l'industrie lourde et de l'industrie légère.

Un inventaire complet des ressources nationales sera fait pour servir de base au développement industriel. La révolution climatique qui sera le résultat de cette politique d'action structurelle sera doublée d'une révolution agraire fondée sur l'instruction et l'éducation des masses rurales, de façon à substituer l'agriculteur au paysan.

La production de fourrages artificiels permettra de lier de façon rationnelle l'agriculture et l'élevage. De la même façon, la transformation des produits agricoles permettra de lier l'agriculture et l'industrie.

Par la recherche a l'Université ainsi que dans les industries et par l'expérimentation sur le terrain, l'Etat procédera à la regeneration des terres et a leur enrichissement.

La propriété individuelle de la terre nécessaire a l'habitat et a l'exploitation de la famille sera garantie et transmissible aux enfants mais sans porter préjudice a-la politique sociale de l'habitat et aux besoins d'exploitation collective des terres.

La loi sur le domaine national sera revue, adaptée et complotée, L'administration économique

Les régions économiques

Par souci d'une plus grande homogénéisation de l'espace économique, les régions administratives actuelles seront supprimées. Les préfectures seront agrandies et les attributions des préfets, dont la dénomination sera changee, renforcée. Toutefois, l'essentiel de la reforme administrative actuellement
en cours sera conserve.

Des régions économiques seront constituées sur la base de critères économiques.
Chaque région sera placée sous l'autorité d'un D.R.P. (Directeur Régional de la Planification), assiste d'un adjoint a l'aménagement du territoire.

Les régions conçues sur des bases économiques auront des vocations complémentaires les unes des autres de façon ? permettre des échanges entre elles.

La Fonction Publique, trop centralisée à Dakar, sera réduite au strict nécessaire et le surplus des effectifs transfère ? l'administration économique et au secteur prive.

3/ La planification économique

La planification de l'économie nationale se fera désormais par la voie démocratique de la double planification.

En plus du plan national dont certains objectifs seront régionalisés, chaque région économique fera l'objet d'une planification régional.

A la différence du plan national, le plan régional se fixera des objectifs concrets et recherchera des moyens de réalisation locaux, et les populations seront associées a son élaboration et a son exécution.

4/ La politique économique et financiere

Le parti combattra toutes les formes de gaspillage ainsi que les investissements inconsidérés ou de prestige, genre foire de Dakar ou autres, qui ne font qu'endetter inutilement le pays.

L'emprunt sera exceptionnel et sélectif et les fonds d'emprunt ne pourront servir qu'a des investissements productifs sérieusement sélectionnes.

Le système fiscal sera profondément modifie pour s'adapter au système économique et au système de planification et assurer le maximum de rendement sans freiner l'activité économique. L'impôt sera démocratise et la suppression des délits économiques tels que la fraude fiscale ou douanière, sera renforcée et exercée avec celerite.

L'impôt sera à la fois un facteur de development et de redistribution des revenus afin de combattre les inégalités.

II - LES MOYENS HUMAINS ET L'ORIENTATION NATIONALE

1/ Un système éducatif adapte

Le développement de la société sénégalaise ne sera plus laisse au hasard d'une reforme de l'enseignement que tel ou tel ministre s'empressera d'introduire dans l'unique souci de laisser un nom.

Tout système éducatif cohérent, pour résister au temps et s'ajuster au projet social, doit avant tout répondre à la question : quel type de Sénégalais veut-on former ?

Le P.D.S. écarte autant le type de sénégalais qui est incapable de s'adapter au développement que celui qui, sollicite par le modèle occidental ou les idéologies étrangères, est en réalité un désadapté.

Entre ces deux extrêmes, il y a place pour le sénégalais en projet, authentique, negro-africain, conscient d'être dépositaire de valeurs humaines sures, mais conscient aussi de l'interdépendance des civilisations
et des apports extérieurs fécondants. C'est donc dire que la fierté d'être soi doit être compatible avec une ouverture d'esprit suffisamment large pour s'inspirer des autres, sans risque d'être assimile.

Ce Sénégalais, quel que soit le niveau auquel il est situe dans les structures nationales, doit assimiler les techniques et méthodes étrangères dans la mesure ou elles sont susceptibles d'accroître son efficacité et ne lui font pas perdre pour autant sa personnalité. C'est lui qui doit, par son sens de la créativité et son
travail, faire progresser le Sénégal actuel au niveau du Senegal-projet capable de vivre son époque.

Les moyens qui seront mis en oeuvre sont la formation, l'éducation, le travail et la politique culturelle.

2/ La formation professionnelle

La formation professionnelle prendra en considération la nécessite, au regard du développement, d'adapter la main-d’œuvre a la demande des différents secteurs d'activité économique et de satisfaire en même temps le droit au travail.

Les professions et les activités utiles au développement seront sélectionnées pour satisfaire ces priorités, et des centres de formation seront ouverts partout au Sénégal.

En ce qui concerne l'agriculture et l'industrie de transformation des produits agricoles, les jeunes, après une formation primaire, seront orientes vers les activités agricoles et subiront sur place une formation permanente qui nous permettra de substituer l'agriculteur au paysan.

Une formation plus spécifique orientera les jeunes vers l'industrie et le secteur tertiaire selon une formation professionnelle adaptée a leur niveau.

3/ L'éducation

Le droit a l'éducation est solennellement réaffirme mais il comporte des obligations.

L'Etat, appuie sur les partis, pourvoiera a l'éducation des masses par des méthodes audacieuses et révolutionnaires.

L'alphabétisation sera systématiquement poursuivie. A ce sujet, le P.D.S. donnera l'exemple en alphabétisant dans les meilleurs délais les militants au sein des cellules de base.

Cet effort s'appuiera sur des publications de périodiques destines ? la grande masse comprenant autant des périodiques de nature politique que des périodiques d'éducation générale.

Ceux qui bénéficieront de l'éducation de l'Etat auront aussi le devoir de contribuer a l'éducation des autres et au financement de leur propre éducation, ce qui allégera le poids du financement de l'éducation globale par l'Etat.

La finalité de l'éducation devra être d'adapter les Sénégalais au projet social de la Nation.

La fonction enseignante sera revalorisée et priviligiee de façon à orienter les meilleurs cadres sénégalais vers l'enseignement. Une reforme démocratique de l'enseignement sera adoptée et maintenue fermement pendant une durée suffisante pour être opérationnelle et produire des résultats.

L'éducation primaire et pratique sera universellement dispensée dans tout le pays et le taux de scolarisation a 100 % sera poursuivi. L'esprit de 'enseignement sera différent en ce sens que les enfants comprendront que savoir lire et écrire ne conduit pas nécessairement a un bureau.

Les enseignements secondaires et supérieurs seront modifies de façon à permettre la création de collèges universitaires. L'enseignement supérieur sera inséparable de la recherche et des institutions seront mises sur pied dont l'objectif sera l'étude de solutions concrètes aux problèmes du développement
: l'utilisation alternative des ressources nationales, la transformation des produits, etc.

Les étudiants feront obligatoirement des stages auprès des paysans et participeront à des taches concrètes de formation, d'éducation et de développement tant en milieu rural qu'en milieu urbain.

La bourse generalisee sera liée aux études et seul le mérite sera pris en considération.

En raison de l'importance de l'agriculture dans notre projet de développement, il sera créé un institut des Sols que tous les agriculteurs pourront consulter à peu de frais pour connaître la nature des sols et les apports qu'il faut pour les enrichir.

Les sports

La pratique des sports sera generalisee et il sera créé un Institut Supérieur des Sports.

Ecole itinérante du Parti

Au début, les cadres du Parti se déplaceront vers les militants pour diriger des séminaires de formation politique et civique selon un programme a établir.

Mobilisation de la jeunesse

Tout développement doit principalement reposer sur la mobilisation de la jeunesse qui doit ?etre intégrée au projet social.

L'insertion des jeunes au processus du développement les détournera des occupations malsaines et de l'oisiveté. Les jeunes responsabilisés seront les piliers essentiels de notre révolution.

4/ Culte et mystique du travail

Le travail étant un moyen de libération, une expression de la liberté et un moyen de réalisation de l'essence de l'homme, le P.D.S. en fait une véritable mystique qui doit animer chaque Sénégalais.

5/ La politique culturelle

Une politique culturelle nationale sera poursuivie mais fondée sur les besoins des masses et sur la réhabilitation de nos valeurs culturelles nationales.

L'art et la littérature, sous toutes leurs formes, écrites ou orales, seront encourages et les mass media, radio, télévision et cinéma, seront largement ouverts au développement culturel.

Des conditions modernes seront aménagées en faveur du théâtre et de la danse traditionnelle.

Le gouvernement encouragera la diffusion de la culture nationale et la Coopération culturelle entre le Sénégal et les autres pays.

CHAPITRE III : LES RELATIONS EXTERIEURES

Partant de la constatation de l'appartenance du Sénégal au monde de l'Afrique au sud du Sahara et au groupe du tiers-monde ainsi que celle de la nécessite de la coopération avec les pays développés, le gouvernement sera essentiellement guide par les principes suivants.

I – UNITE POLITIQUE DE L'AFRIQUE ET SOLIDARITE AVEC LES PAYS DU TIERS-MONDE

1/ L'unité politique de l'Afrique

Le gouvernement ne ménagera aucun effort pour la réalisation de l'unité politique de l'Afrique et le Parti oeuvrera pour que le Sénégal se fonde olitiquement dans un ensemble africain, a commencer d'abord par un ensemble unissant notre pays avec ses voisins immédiats.

A cet effet, a la place des rencontres entre chefs d'Etat de l'O.U.A., le Sénégal préconisera des rencontres entre partis politiques africains a tous les niveaux, plus spécialement entre les femmes et les jeunes des pays d'Afrique.

La Charte de l'O.U.A. sera respectée et l'O.U.A. sera renforcée. Les solutions des litiges entre pays africains seront recherchées au sein de l'Organisation africaine.

2/ Solidarité avec le tiers-monde

La lutte du peuple sénégalais s'inscrit dans la lutte plus large des pays du tiers-monde pour se libérer de l'exploitation et de la domination des pays développes. Le Sénégal renforcera le Front des 77 tant dans ses organismes propres qu'au sein des organisations internationales.

Le gouvernement restera fidèle au principe de la solidarité effective avec tous les mouvements de libération nationale énoncent dans la plate-forme du P.D.S.

II – POLITIQUE DE COOPERATION AVEC

LES PAYS DEVELOPPES

1/ La coopération bilatérale

Le développement d'un pays ne peut se poursuivre harmonieusement que dans la paix et la coopération internationale avec les pays développes.

Jaloux de son indépendance, le Sénégal ne fera jamais de l'aide internationale la base d'une politique de développement, mais comptera d'abord sur ses propres moyens matériels, intellectuels et moraux. Plus particulièrement l'aide internationale, au demeurant nécessairement sélective, ne pourra être un prétexte ni pour asseoir une ère d'influence des grands pays, ni pour maintenir et perpétuer un système d'exploitation ou de dépendance.

Le gouvernement préservera le caractere privilégie des relations économiques, technologiques et culturelles, mais poursuivra la coopération avec tous les pays développes.

2/ La coopération multinationale

Le gouvernement réaffirmera l'attachement du Sénégal a l'Organisation des Nations-Unies, a ses institutions et organismes spécialises. Il s'engagera a ne ménager aucun effort pour préserver la paix internationale.

En ce sens, les principes d'action des Nations-Unies et de règlement des conflits seront réaffirmes.

CHAPITRE IV : LE FRONT NATIONAL DE GOUVERNEMENT

Prenant en considération le fait de la diversité des opinions politiques au Sénégal, le Parti mettre tout en oeuvre pour permettre la plus large expression politique au Sénégal et, au-delà, l'union des forces de la gauche démocratique.

Cependant, compte-tenu de la nécessite de préserver l'unité nationale, le multipartisme ne devra en aucune façon compromettre cette unité en favorisant des forces ou des formations politiques dépendantes de l'étranger.

Le parti soutiendra l'idée d'un Front commun avec tous les partis de gauche qui se seront assures une signification politique sur la base des élections et se seront révèles comme poursuivant réellement les mêmes objectifs d'indépendance nationale, de développement par soi et pour soi, de justice sociale, de démocratie et de fidélité a l'Afrique.

A cet effet, le P.D.S. soutient l'idée d'un front des forces démocratiques qui peut s'articuler ainsi :

1/ Elaboration d'un programme commun qui sera défendu par chacun des partis du Front et sera, en cas de victoire aux élections, applique soit par un gouvernement du parti majoritaire, soit par un gouvernement de coalition des partis membres du Front.

2/ Définition d'un domaine propre ou chaque parti retrouvera sa liberté d'action.

NOTES

La première formulation du socialisme démocratique comme doctrined'un parti politique au Sénégal a été faite pour la première fois dans les Statuts du P.D.S. déposés le 31 juillet 1974 au Ministère de l'Intérieur.
La formulation a été reprise dans le présent Programme Fondamental, adopte par le Premier Congres qui s'est tenu a Kaolack, Sine-Saloum, les 30, 31 janvier et 1er février 1976 (Programme Fondamental, Edition 1976, p.5, paragraphe 1, qui réaffirme que le projet de société du P.D.S. est "une société socialiste et démocratique", et p. 16).

Jusque-la, l'Union Progressiste Sénégalaise, qui n'était pas encore un parti mais un rassemblement, par suite de ses origines (fusion de plusieurs partis) n'affirmait officiellement qu'une idéologie, la négritude, bien que Senghor eut préconise depuis longtemps déjà "la voie africaine du socialisme".

Devenu "Parti Socialiste", l'U.P.S. se réclama d'abord officieusement du socialisme démocratique puis officiellement au cours de son Conseil National de décembre 1977.

Le gouvernement du Parti Socialiste fit adopter par l'Assemblée Nationale la loi numéro 76—1 du 29 mars 1976 fixant le nombre des partis politiques a trois.

Par la suite la loi 76-26 du 6 avril 1976 va obliger chacun des trois partis existants a se referer a l'un des courants :

Marxisme léninisme ;
Socialisme démocratique ;
Libéralisme démocratique

La même loi donnait au parti le plus ancien le privilège de choisir le premier son courant, les autres devant prendre, dans un délai de six mois, l'un des courants restants, à peine d’inexistence car "Au cas ou plusieurs partis existants se réclameraient du même courant de pensée, le plus ancien sera seul considère comme autorise au regard des dispositions de la présente loi". Cette loi est connue sous le nom de "loi sur les courants".

C'est ainsi que le P.D.S. accepta de se referer au courant du libéralisme démocratique et d'adapter, en conséquence, certaines dispositions de ses statuts. Le texte en exergue tout au début du présent document qui, dans sa rédaction antérieure, faisait allusion au "socialisme démocratique", a ainsi été modifie.

Progressivement, le P.D.S. a identifie son option doctrinale comme étant le "liberalisme-travailliste".

Toujours sur l'initiative du gouvernement du Parti Socialiste, l'Assemblée Nationale adopta par la suite la loi constitutionnelle numéro 78-60 du 28 décembre 1978 (J.O. du 6 janvier 1979), qui portait le nombre de partis a quatre en reconnaissant comme nouveau courant le courant conservateur et en supprimant le mot "démocratique" après l'énonciation des courants officiels.

Le Mouvement Républicain Sénégalais, M.R.S. fut reconnu sur la nouvelle base constitutionnelle en janvier 1979.

La restriction du multipartisme sera levée et le retour au pluripartisme intégral opéré par la loi 04/81 portant révision de la constitution. La même loi supprimera la référence obligatoire a un courant.

Le Secrétaire Général du P.D.S. a développe par la suite la conception negro-africaine de la liberté :

discours d'ouverture de la Première Conférence Nationale(Dakar, Août? t 1975),discours d'ouverture du Colloque International sur les Droits de l'Homme dans les systèmes politiques en Afrique, organise par le P.D.S. et la Fondation Friedrich-Naumann (Dakar, les 12, 13 et 14 mai 1980)

Les cinq principes de la plate-forme du P.D.S. ont été proclames dans une déclaration écrite du 31 juillet 1974, jour de la naissance du Parti, et dont le texte constituant introduction a la conférence de presse le même jour a "La Croix du Sud" par le Secrétaire Général du Parti, a été publie intégralement dans "LE
DEMOCRATE", numéro 0 du 1er semestre 1974.

Le Parti Africain de l'indépendance, P.A.I, reconnu en 1977, énoncera son tour pour la première fois au cours des Congres tenu en 1979, cinq principes dont quatre se retrouvent dans la plate-forme du P.D.S.

4. La première formulation technique de l'idée d'indépendance alimentaire remonte a la these de A. WADE, Economie de l'Ouest Africain, Unité et croissance, de juin 1959 (Présence Africaine, "polyculture vivrière" et "polyculture industrielle", comme objectifs principaux du développement et base du démarrage de la croissance.

La formulation politique en "indépendance alimentaire" a été faite à son tour dans le Programme Fondamental.

On retrouvera par la suite cette notion dans le discours P.S. a partir de la campagne électorale qui a précède les élections du 26 février 1976.

5.. Le scrutin proportionnel a été ainsi réclame pour la première fois par le P.D.S. dans le Programme Fondamental. Par la suite, le Secrétaire Général en fera l'un des thèmes de plusieurs conférences politiques sur "la reforme du système électoral" en 1977 (Salle Daniel Brottier a Dakar et Ziguinchor).
Le Président Senghor, au cours d'une audience accordée au Secrétaire Général du P.D.S., donna son accord sur une telle revendication qui fit l'objet d'un projet de loi du gouvernement, devenu la loi numéro 77-57 du 26 mai 1977 (article L88 de la loi du 21 août 1976 portant Code Electoral.

6.Au cours des discussions qui aboutiront a la reforme constitutionnelle (loi du 28 décembre 1978 et depuis, le P.D.S. précisera qu'il est pour la limitation des partis a trois.

En un mot, pour le P.D.S., dans un premier temps, "chaque famille d'opinion significative" doit pouvoir être autorisée a devenir un parti politique (Programme Fondamentale, p. 14, paragraphe 2). Mais le parti marxiste-léniniste qui ne peut être un parti de masse en Afrique, étant reconnu en raison de ses spécificités, un referendum est propose a l'issue duquel subsisteraient les deux autres partis en tête dans la consultation.

7. L'article 2 bis des Statuts du Parti avait affirme le principe de l'autonomie syndicale qui sera a la base de la création de l'U.T.L.S. (Union des Travailleurs Libres du Sénégal.

Toutefois, le 3e Congres des 16, 17 et 18 mai 1980 a modifie les Statuts sur ce point et introduit la possibilité d'une affiliation d'un syndicat au parti.

La doctrine du "Président de la République, Président de tous les Sénégalais", a été pendant longtemps une revendication du P.D.S. (Editorial du "DEMOCRATE", numéro 1, novembre 1974).

Apres avoir constate que Senghor s'obstinait a demeurer un homme de parti – il a toujours été le Secrétaire Général du Parti Socialiste – le P.D.S. a abandonne cette revendication.

En vingt ans, le P.S. n'a présente que trois propositions de lois.

Selon l'article 75 de la Constitution, l'Assemblée peut, par le vote d'une motion de censure, provoquer la démission du gouvernement. La recevabilité de la motion de censure est subordonnée a la Signature de 25 députés. Ces dispositions supprimées par la suite ont été récemment rétablies (Mars 1991.

Jusqu'a la révision constitutionnelle du 28 décembre 1978, seul le Président de la République, aux termes de l'article 63 de la Constitution, pouvait attaquer une loi pour inconstitutionnalité devant la Cour Suprême. Une proposition de loi du P.D.S., adoptée dans la révision précitée, reconnaît désormais a tout groupe de 15 députés la même faculté.

Il est heureux de constater que l'idée de Convention Africaine des Droits de l'Homme formulée dans le Programme Fondamental a été mise en oeuvre par l'O.U.A., sous la forme de Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples, sur l'initiative de Senghor qui, l'empruntant au P.D.S. et a son Programme Fondamental de 1974,en avait fait la proposition au Sommet de Monrovia en 1979.

Dans un premier temps, le P.D.S. demande le droit pour les militaires de participer aux referendums, comme cela est admis au Maroc. L'idée d'autogestion limitée, cependant a un sous-secteur, est ainsi formulée pour la première fois par un parti politique sénégalais. Le 3e Congres (16, 17 et 18 mai 1980) a propose la création immédiate d'une Conférence des Etats de l'Afrique de l'Ouest.

Adhésion du P.D.S. au Non-Alignement. Du reste, une délégation officielle du P.D.S. s'est rendue en Yougoslavie sur l'invitation de l'Alliance Socialiste, ce qui donnera l'occasion a la direction du P.D.S. de réaffirmer a Belgrade l'adhésion de notre Parti au Mouvement des Non-Alignes (septembre 1979).

Ce chapitre a été rédige a une époque ou n'existaient que trois partis, dont deux de gauche et un de centre gauche (loi numéro 75-68 du 9 juillet 1975, article 2, relative aux partis politiques modifiée par la loi numéro 76-26 du 6 avril 1976).

Apres la révision constitutionnelle du 28 décembre 1976 naîtra en Janvier 1979 un parti conservateur (M.R.S..

Il s'ensuit que le texte du Programme Fondamental de ce chapitre datant de janvier 1976, ne saurait être transpose purement et simplement dans la situation actuelle. Certains passages ont été révises par des résolutions de conventions et de congres ou des décisions du Bureau Politique.

Le P.D.S. a donc été amené a reformuler l'idée de Front National, en particulier dans la Résolution de la Première Convention Nationale du 22 février 1980 et dans celle du 3e Congres, mais ces formulations ne changent en rien les dispositions principales de l'idée de Front National.


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